Note des auteurs

Cette base de connaissance a été conçue par nous, membres du groupe Pilgrim, qui avons fait du rock progressif notre style de prédilection. Si ce n'est point déjà fait, nous vous invitons à visiter le site de notre groupe, situé à la racine de cette présente page.

Le contenu de cette encyclopédie est avant tout le reflet de nos sensibilités et de notre propre interprétation/compréhension du rock progressif. Cette dissertation ne saurait donc être "parole d’évangile" mais simplement la vision personnelle et forcément subjective et incomplète des passionnés que nous sommes. De plus, nous avons mis l'accent sur des chapitre dans lesquels nous pouvions réellement apporter quelque chose de plus que les nombreux et excellents autres sites qui traitent ce sujet.

Cette encyclopédie est interactive et vous pourrez simultanément :
Techniquement, cette page a été réalisée pour convenir à une résolution graphique de 1024 x 768 pixels. En dessous de ladite, nous ne garantissons pas un affichage harmonieux.
Pour toute autre question technique, nous avons préparé une petite rubrique d'aide, accessible à l'aide du menu ci-contre, qui devrait vous permettre de régler les problèmes d'images et de sons que vous pourriez rencontrer lors de votre visite.

Copyrights

A l'heure où nous créons cette encyclopédie, le débat sur les droits d'auteur, le piratage des musiques et toute la problématique liée aux mp3 est sur le devant de la scène. Une première condamnation est tombée en Asie pour un homme qui a mis illégalement des fichiers mp3 à disposition du public sur un site de "peer to peer". Ces condamnations semblent vouloir se propager vers l'occident et nous pensons que la Suisse ne sera pas épargnée.

A ce sujet, nous tenons à signifier notre position qui est très claire : l'industrie du disque doit pouvoir être sauvegardée du fléau qu'est le piratage. En tant qu'artistes nous déplorons que les labels, indépendants ou majors, doivent aujourd'hui renoncer à produire des groupes en raison d'un risque commercial devenu beaucoup trop grand à cause du piratage. Ce phénomène pourrait causer la perte de cette industrie du disque, qui, ne l'oublions pas, produit des CDs ! A terme c'est tout simplement cette source musicale qui pourrait venir à tarir pour le grand malheur de tous.

Concernant cette encyclopédie, nous y avons mis principalement des extraits, à quelques exceptions près. En effet, pour certaines explications nous avons considéré qu'un morceau complet devait pouvoir être écoutable. C'est la raison pour laquelle nous avons "plombé" l'accès aux musiques et qu'il ne vous est pas possible de télécharger les fichiers proposés, mais uniquement de les diffuser dans le lecteur intégré ci-contre.

Nous espérons ainsi remplir la mission première que nous nous sommes fixée : faire connaître le rock progressif. Si cette mission est remplie, ce sera alors au bénéfice des artistes que nous vous présentons et nous espérons que, en cas d'intérêt, vous leur rendrez hommage en achetant leurs disques. D'avance nous vous en remercions.

Ceci étant dit, nous vous souhaitons bien du plaisir dans la découverte de cet ouvrage.







Un peu d’Histoire

Le rock progressif, appelé aussi "rock progressiste" ou "rock mélodique" prend sa source à la fin de années 60 sur le vieux continent. Les pionniers de cette époque sont très créatifs et expérimentaux. Nous citerons Pink Floyd, Yes, Kansas, Genesis, King Crimson, Gentle Giant, Focus, Soft Machine, Renaissance, Caravan. On peut considérer que Led Zeppelin, Deep Purple, Queen ou les Beatles sont, dans une certaine mesure, aussi à la source de la tendance progressive.
Un monde en pleine révolution fournit à ces précurseurs une source d’inspiration tant musicale que textuelle qui se fait témoin de cette époque tourmentée. King Crimson nous parle d’un certain "20th century schizoid man" alors que Yes prend position écologiquement dans "Dont’ kill the whales". Genesis, jadis emmené par le chanteur Peter Gabriel dresse un constat cynique de l'Angleterre d'après-guerre dans l'album "Selling England by the pound".

Musicalement, les puristes vous diront que cette époque est la seule qui soit véritablement digne d'attention. Même si nous ne partageons pas intégralement ce point de vue, force est de constater l'inventivité visionnaire de ces dinosaures qui ont su créer un style original sur les cendres de la musique psychédélique des baba-cools. Cette vibration "flower-power" on la retrouve pourtant en écoutant les morceaux de certaines formations typiques de cette époque, pourtant on constate vite sa fusion avec des tendances jazz rock très dynamiques et nettement plus complexes, servi par des artistes comme Frank Zappa, Allan Holdsworth, Mahavishnu Orchestra, Wheater Report, Return to Forever, Magma, Dixie Dregs (avec le grand Steve Morse), Greg Howe, etc..

De cette première vague, surgira au début des années 80 le mouvement néo-progressif emmené par des combos comme Marillon, IQ, Rush, Asia et Pendragon. De l'avis général on doit la survie du style aux groupes précités tant cette décennie est considérée par beaucoup comme la "période pauvre" du prog. Cela s'explique, à notre avis, par l'évolution de la technologie qui a donné au synthétiseur son heure de gloire. De cet instrument que le monde découvre petit à petit, notamment grâce à Jean-Michel Jarre, les musiciens feront un usage abusif rendant certaines compositions à la limite du digeste.

Pourtant ce mouvement aura le mérite de toucher plus largement le public grâce à une musicalité moins torturée que celle de ses prédécesseurs et des thèmes globalement plus accessibles. Cette version du prog va s’essouffler en quelques années pour faire place au courant actuel du style.

En effet, dès le début des années 90, le mouvement va se durcir sensiblement et fusionner avec le heavy metal pour donner naissance au "metal progressif", indiscutablement représenté par le groupe américain Dream Theater. Nous sommes dans l'ère des "super héros" emmenés par des musiciens virtuoses surdoués qui font l'admiration d'un public estomaqué par leurs prestations techniques.
De ce chaudron émergeront des groupes étonnants d’une qualité exceptionnelle, tels que Liquid Tension Experiment, Spock’s Beard, Flower Kings, Symphony X, Angra, Transatlantic, Pain of Salvation, Porcupine Tree, Arena ou Shadow Gallery.

Si vous désirez en savoir plus sur cette saga du rock progressif, nous vous suggérons de visiter ces sites très complets à ce sujet :

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Certes mais finalement le prog, c'est quoi ?

Le décor historique étant planté, nous allons tenter, dans cette rubrique d'aller plus loin dans la compréhension musicale de ce style mystérieux. Nous espérons qu'après ces quelques explications vous serez capables, à la première écoute d'un morceau, de pouvoir dire : "Ah, ça c'est du prog !".

La particularité première du rock progressif réside dans sa complexité générale.
Pour mieux comprendre cette particularité, nous allons faire la comparaison entre un morceau de variété et un morceau de rock progressif. A noter que les deux titres choisis pour illustrer ces différences sont des "cas d'école" destinés à démontrer les différences de tendance entre les 2 styles et non pas à les "caricaturer".

Le morceau de variété

Il répond à une structure standard qui est plus ou moins la suivante :
Le tout répond en outre à des règles tacites strictes en matière de timing avec une durée moyenne de 4’00 afin de permettre le passage en radio.

En terme d’harmonie, la partie purement instrumentale du morceau est généralement placée en second plan, pour laisser toute la place à la voix, considérée comme l’instrument le plus important de la chanson. Dans cette optique la performance des musiciens est réduite à sa plus simple expression en se bornant, la plupart du temps, à accompagner le chant. Ce dernier se devra d’être particulièrement efficace mais aussi relativement simple, afin de permettre au public de reconnaître la mélodie très facilement.
Rythmiquement, la grille de tempo largement constatée est le 4/4.

Pour vous donner un exemple de ce type de morceaux, nous avons choisi de vous faire écouter un très beau titre de Gregory Lemarchal (un vocaliste exceptionnel issu de la télé-réalité), qui correspond en tout point au canevas démontré ci-dessus et à la plupart des titres de variété : Pardonne-moi

Le morceau de rock progressif

Sa structure est beaucoup plus complexe, et il n’est pas rare de ne trouver aucune partie qui se répète durant tout le morceau. On peut symboliser cette structure de cette manière : En revanche, il est assez courant que l'un des thèmes reprenne une idée d'un autre thème mais en utilisant une rythmique ou une harmonie différente.

La durée d’un morceau peut atteindre une vingtaine de minutes pour des cas extrêmes.

Rythmiquement, on constate généralement des ruptures de tempo avec des passages en 7/8, 5/4 ou 6/8 ce qui rend leur interprétation particulièrement complexe.

Harmoniquement, les musiciens s’en donnent à cœur joie multipliant les notes extrêmes, les chœurs riches, les accords complexes et souvent des passages instrumentaux exécutés à l’unisson entre la guitare, le clavier et même parfois la basse.

La voix n’est généralement pas mise en avant "par défaut". Elle est certes porteuse d’un message textuel autant qu’harmonique mais reste tout de même sur un pied d’égalité avec les autres instruments en terme de mixage. Comme chaque instrument, la voix à ses passages de gloire et d'autres ou elle est plus discrète.

Pour illustrer ces différences, voici un morceau de Dream Theater que nous vous proposons de découvrir : Learning to live

Comme vous le constatez, les expérimentations les plus inédites sont permises, tout en restant musicales et cohérentes. Ces particularités et richesses subtilement utilisées permettent de plonger l’auditeur dans un univers magique, une atmosphère, une histoire. La manière dont les groupes progressifs arrivent à faire évoluer un thème, un morceau ou même un album entier nous semble vraiment digne d'intérêt.

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Les instruments de musique dans le prog

La formation basique d’un groupe prog est la suivante : batterie, basse, claviers, guitare et chant. Pour le « metal prog » on constate parfois une deuxième guitare, assurée par le chanteur ou un 2ème guitariste, et qui permet de booster l’intensité des morceaux.

Toutefois l'histoire nous montre que bien d'autres instruments ont été utilisés afin de conférer à certains groupes une identité particulière. Nous ne ferons pas ici un inventaire de ces particularités mais plutôt une étude générale du groupe-type.

Il faut bien entendu être conscient de la différence qui intervient entre la musique d'un groupe sur scène et celle provenant d'un album enregistré en studio. Pour cette dernière, une overdose de tricheries est possible, notamment
l'overdub des guitares ou des voix qui permet de d'augmenter incroyablement l'intensité du son. De même, afin de donner un maximum de naturel à leurs morceaux, certains groupes n'hésiteront pas à faire appel à un orchestre philharmonique pour exécuter certaines parties.

Sur scène, la donne est bien différente et il est d'autant plus compliqué de pouvoir restituer toute l'intensité d'un répertoire avec des moyens limités.

Pour parler plus profondément du rôle et des particularités de chaque instrument, nous allons laisser chaque musicien de Pilgrim s’exprimer à ce sujet.





David nous parle de la voix

Généralement le prog est chanté par des ténors naturels. En effet, une voix relativement aiguë est nécessaire pour se détacher, dans les moments forts, de la densité instrumentale dégagée par les musiciens.

La
tessiture utilisée est très large et s’étale en moyenne sur 3 bonnes octaves (1 à 2 octaves pour une chanson de variété).
Enfin la richesse du style nécessite aussi une certaine richesse du timbre, qui devra pouvoir s’exprimer du whispering à la voix de tête en passant par une solide voix de poitrine.

A l’heure actuelle je considère que le style progressif regroupe les meilleurs vocalistes mondiaux. Parmi ces "voice heroes" voici 4 exemples des plus intéressants :



Fish
1er chanteur de Marillion, cet ancien bûcheron écossais possède une empreinte vocale caractéristique qui le rend reconnaissable entre tous. Sa particularité est d’utiliser abondamment (et sans doute naturellement) sa voix "mixte" c'est-à-dire, la partie du panel vocal qui se trouve entre la voix de poitrine et la voix de tête. Par contre son vibrato est quasi inexistant.

Voici un extrait de la chanson Lavender qui montre très bien le style vocal de Fish.

Hormis sa technique de chant Fish est aussi un personnage très charismatique, très grand (1,95 mètres) et attachant. Enfant, n'ayant appris à jouer d'aucun instrument de musique, il décida de devenir chanteur. Son choix fut confirmé lorsqu'il assista à un concert de Yes, qui fut pour lui une révélation.
Originellement il s’appelle Derek William Dick mais la légende veut que son pseudo lui ait été donné par un des ses amis qui désespérait de pouvoir accéder à sa baignoire qui était littéralement squatée par Derek. Il lui donna donc le surnom de fish ("poisson" en anglais) qui devint son nom de scène.



James Labrie
Vocaliste extra-terrestre de Dream Theater, James possède une voix qui semble sans limites. S’appuyant sur une formation de chanteur d’opéra, il est capable d’atteindre, en voix de gorge, des hauteurs vertigineuses. Cette technique sans faille permet d’apporter une puissance exceptionnelle aux morceaux du groupe.

Parmi ces exploits vocaux, voici un extrait de Another day. Ecoutez la facilité avec laquelle il atteint, en voix de poitrine la note finale, la longueur, la pureté de son maintien et sa manière de déclencher le vibrato à la fin. C’est vraiment du grand art !



Steve Hogarth
2ème et actuel chanteur de Marillion, il possède, lui aussi un timbre très particulier. Sa voix peut paraître nasillarde à certains mais le fait est qu'elle est très riche dans sa texture et les harmoniques naturelles qu'elle contient.

De plus ce ténor peut atteindre une puissance impressionnante pour son gabarit. Enfin, il travaille énormément ses lignes de voix, puisant dans des tonalités très tendues pour augmenter l'intensité dramatique des morceaux.
Voici un extrait de The Space.



Daniel Gildenlow
Voilà mon favori ! Daniel, c’est le talent à l’état brut. Aujourd’hui leader du groupe Pain of Salvation, il est pour moi le symbole d’un génie presque diabolique, tant dans l’art vocal et la pratique de la guitare que dans l’écriture et la composition des morceaux.
Jugez plutôt : "The perfect element", "Remedy Lane" et "Be" ne sont rien de moins que les 3 derniers albums concept de ce monstre de travail. D’une profondeur extrême tant musicalement que textuellement, son œuvre défie l’imagination.

Vocalement parlant (puisque finalement c'est de ça que je dois vous parler !) Daniel possède avant tout un timbre chargé d’une émotion palpable. Il vit ses chansons avec toute son âme et son interprétation est porteuse d'une puissance émotionnelle très intense. Pour ajouter à cette émotion il alterne très facilement entre une voix "cassée" au timbre rocailleux et une voix claire d'une pureté cristalline.

De plus, sa tessiture est aussi très large et c’est, à ma connaissance, le seul homme qui soit capable de produire une voix de tête suraiguë similaire à celle de Mariah Carey.

Une imagination sans bornes, une voix hypnotique et polyvalente, un phrasé guitaristique hallucinant, les mots sont bien faibles pour décrire un tel phénomène. Alors, un exemple valant mieux que tous les discours du monde, voici Used la chanson d’intro de l’album "The perfect element".
Vous y trouverez l’illustration de ce qui vient d’être évoqué : tension émotionnelle de l’intro, des voix parfois subliminales, toujours à fleur de peau, un refrain surprenant d’originalité, un solo de guitare aérien ultra mélodique et une voix qui n’en finit pas de monter sur la fin de la chanson...bonne dégustation !



Mais au-delà des prouesses vocales de ces solistes hors pair, le prog est aussi une musique se prêtant particulièrement aux arrangements de choeurs qui sont bien souvent assurés (sur scène en tout cas) par le chanteur et les musiciens instrumentistes du groupe, ce qui dénote de leur grande versatilité.

Parmi les spécialistes des arrangements choraux, le groupe Yes est à mon sens le plus intéressant. Les sonorités des parties vocales harmonisées n'est d'ailleurs pas sans rappeler certains morceaux des Bee-Gees ou des Beach Boys, en raison, notamment de la voix très haut perchée du chanteur Ian Anderson. Voici un montage des passages vocaux les plus épiques de leur répertoire : medley Yes.

Mais d'autres groupes, s'inspirant assez visiblement de ces maîtres, ne sont pas en reste. Par exemple, vous pourrez apprécier ce passage de The shadow hunter cette chanson du groupe Angra, qui n'est pas sans rappeler les harmonies de Yes.

Dans un style différent, moins inaccessible et tout de même bougrement efficace, voici des extraits du groupe It Bites. J'admire particulièrement l'efficacité très entraînante de ces chorus qui étaient effectués en live avec une précision incroyable : medley It bites.


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Les claviers, vus par Ben

(qui n'a pas une culturation débordante, mais y s'en fout pasque c'est lui qui cause et tant qu'y cause, c'est lui le chef.)

Sur une scène de 6 mètres sur 4, en plus d'un batteur, un chanteur, un bassiste et un guitariste, il est relativement difficile d'installer un piano à queue, un quintet à cordes, un octuor vocal, ou l'Orchestre Symphonique de Prague.

Même en se serrant bien.

La solution ? c'est la magie de la technologie-électronique-d'un-futur-proche qui nous l'apporte (dans une plus humble mesure)… les claviers (on ne parlera pas des samples ni te toutes les ficelles qu'on peut utiliser. Restons-en au clavier.)

Bien sur, c'est pas avec quelques circuits, un tas de touches, de boutons, de câbles, et une poignée de doigts qu'on pourra reproduire tous les effets voulus… mais ça reste une solution intéressante à développer (surtout pour des gars comme moi, puisque c'est ce que je suis sensé faire au sein de Pilgrim. Faut pas déconner non plus, hein ?)

La
synthèse permet actuellement de reproduire, plus ou moins fidèlement, une grande partie des sons recherchés. Et il y'a donc une multitude d'options, que l'on peut utiliser suivant le résultat que l'on souhaite obtenir :

Bref, avec une bonne dose de temps et de patience, il est possible de créer toutes les sonorités imaginables, afin de donner du relief au titre joué.

La particularité des claviers du prog, c'est qu'ils doivent suivre les intensités de la partie dans laquelle ils se trouvent. Comme la structure du morceau est très variable, il faudra s'adapter à la profondeur, ou à la légèreté du passage en question. Une partie aérienne, sera probablement accompagnée de nappes. Une partie musicale rythmée, faite de solo, nécessitera un son sec et plus précis. Une partie plus extravagante ou pompeuse sera par exemple accompagnée d'un chœur, d'un orgue d'église, ou de nappes (ou pourquoi pas le tout, superposé).

Et hop, encore une petite composition "symphonique" à titre d'exemple !

Je vous propose maintenant mon point de vue sur le jeu de 4 différents musiciens, qui cultivent tous une approche différente de leur jeu, soit :


Jordan Rudess – rapidus fulgurantae (ça se devine tant que ça, que je parle pas un mot de latin ? m'en tape, c'est moi qui décide de quesque j'veux écrire.)
Sorti tout droit des laboratoires d'expérimentation génétique de armée bolkovite : nous avons affaire avec un mutant (il a d'ailleurs un pitch déjà greffé sur l'index de sa main gauche). Le croisement d'un lézard, du TGV qui fait Genève-Paris, d'une pieuvre et du canon dans lequel j'ai du faire le crétin…l'armée, je veux dire (oui je sers mon pays avec fierté et ferveur. Ay'm djoquine…).

Le 3ème clavier de Dream Theater, dans l'ordre d'arrivée. Depuis "Scenes from a Memory", il nous propose un jeu complètement dément. Aussi à l'aise de la main droite que de la gauche - ou des deux en même temps. Son style ressemble plutôt à une pluie tropicale ; une averse de note continues, denses, plus rapides les unes que les autres.
Pour le métal progressif, c'est mon clavier favori. Il insère des parties d'une virtuosité inégalée dans ce style. Puisant son jeu dans le symphonique, le classique, la fusion, le blues, le métal et même le charleston, il arrive à tirer une puissance de ses claviers qui rivalise sans problème avec un solo de gratte. Mais, à consommer avec modération, sous peine de saturation : medley Jordan Rudess.

C'est également un excellent musicien de session. Il a contribué à un album de David Bowie, ou d'Enrique Iglesias (une sombre histoire d'argent sale, je suppose), et prêté ses doigts pour des tournées de Porcupine Tree, des Dixie Dregs ou de Steve Morse.



Clive Nolan – tripum aerianem
Clavier du groupe Arena et Pendragon.
Selon moi, la tête de liste du néo-prog. Plus en retrait dans Arena, les claviers prennent une place privilégiée dans Pendragon. Dans ce dernier groupe, on retrouve des compositions extrêmement aériennes, dans le genre de Pink Floyd. Des nappes riches et profondes, des modulations harmoniques pleines d'émotion et de profondeur, des solos légers ou puissants, rarement hypersoniques, pas de virtuosité à outrance, mais des notes bien placées.

Le but à atteindre est plus de faire vibrer l'auditeur, le faire rêver et voyager, plutôt que de lui en mettre plein les tympans : medley Clive Nolan.



Ryo Okumoto - rocknrollatitus bonnardus
Le clavier de Spock's Beard, le groupe phare du rock prog actuel façon seventies. (quoique le départ de Neal Morse, la tête pensante, me fait bien du souci…). Grand manitou déconneur des jam sessions, fervent utilisateur de tous les sons organ et vintage… Heureux de vivre et de jouer, et ça se ressent vraiment. Un toucher magnifique, une rapidité et une virtuosité déjantée. Bien plus rock que les autres, il est capable de donner une bonne dose de moral dans une période creuse en heureuseté.

Un style général assez jovial, mais qui sait également se mettre en retrait sur les ballades plus légères de ce groupe excellent : medley Ryo Okumoto.



Fredrik Hermansson – emotionnam afleurdepum
...qui est le mystérieux et silencieux clavier de Pain of Salvation. Moins spectaculaire que beaucoup d'autres claviers, ne mettant pas en avant la technique et la rapidité. Mais son style est épuré, chirurgical et va droit au cœur. Il joue d'une manière plus élégante et légère, privilégiant les petites feintes harmoniques plutôt que le remplissage.
Sans y prêter attention, son jeu paraît fluide et naturel. En décortiquant les thèmes, on s'aperçoit qu'il apporte une touche délicate pour les titres les plus intimistes, ou une profondeur puissante et émotionnelle pour les titres complexes et triturés.

A mes yeux, son jeu frise la perfection. Pas au niveau technique (même si ça reste une sacré bestiole), mais au niveau de la présence. Les compositions du groupe sont redoutables de complexité cachée, de feintes discrètes et de finesses invisibles...et c'est avec perfection qu'il remplit son rôle. De loin mon coup de cœur, que ce soit lui ou le combo : medley Fredrik Hermansson


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Nico et la guitare

La guitare, tout comme les autres instruments, est à l’honneur dans le rock progressif. Si on se réfère à la définition de ce style, on constate que les morceaux sont basés sur des thèmes puissants, des harmonies riches et des rythmes souvent irréguliers : c’est la quatrième dimension ! La 6 cordes ne va pas échapper à ces règles...

Avec son panel complexe et varié de techniques, la guitare :

Le son de guitare est très important. Il doit être beau, dynamique, ample et puissant, tranchant ou doux. Je cite comme référence, John Petrucci, véritable alchimiste du son. La recette est complexe, voyez plutôt le système utilisé ! Je vous rassure, pas besoin de tout ça pour faire de la zic, ce cas est extrême !

J’admire également les bands qui enjolivent leur musique avec des instruments acoustiques, tels la guitare folk, la guitare classique, la mandoline, la sitar, la guitare 12-cordes, le violon, la flûte, etc. comme dans ce medley

Voilà, c’est déjà fini pour cette première approche succincte de la guitare prog’. Pour plus de détails, voici une bonne adresse : http://www.guitarshredshow.com

La suite peut-être en live ?


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Ludo s'exprime à propos de la basse

Vous vous êtes certainement demandé, un jour, à quoi servait le type avec cette étrange guitare disproportionnée... avec son manche plus long... ses cordes beaucoup plus grosse mais moins nombreuses... et qui en plus ne joue pas comme les autres gratteux !
Cette profonde interrogation est au combien sensée, vous avez clairement mis le doigt sur l'un des mystères ancestraux de la musique : le bassiste !

Et comme si ça n'était pas déjà assez confus, il vous faut tomber sur un bassiste de rock progressif...vous êtes bien mal barré l'ami ! Heureusement, dans les paragraphes qui suivent, se trouvent des indices sur le pourquoi du bassiste, des clés vous permettant de mieux comprendre sa présence dans les méandres du progressif (et même de la musique en général).

Soit !

Le bassiste peut remplir différents rôles ou fonctions selon les besoins, l'attitude des autres musiciens. La basse n'est donc pas un instrument solo, elle soutient les autres musiciens. Quand le batteur joue, le bassiste n'est en général pas loin, ils forment à eux 2 la "section rythmique" ou "bass-batt", élément essentiel de tout groupe.

Dans le progressif, avec les changements de tempo et de signature, ils ont de quoi bien s'amuser. Là où le batteur est purement rythmique, le bassiste déborde vers les autres membres du groupe : la basse apporte, en général, une base rythmo-mélodique qui lie la batterie au reste (guitare, chant et clavier). Cette base se veut claire, "simple" et efficace (dans l'idéal) sans pour autant être dénuée d'intérêt (c'est du prog' ;-]).
Il n'est pas rare de n'entendre que cette base (basse + batterie), puis de voir s'y greffer les autres instruments.

Voilà de suite des exemples (Note : nous avons procédé à l'égalisation de ces morceaux afin de faire ressortir la basse au mieux. Toutefois, il faut parfois tendre l'oreille pour la percevoir, notamment sur des haut-parleurs d'ordinateur) :
Mais le bassiste ne se limite pas à ce rôle ! Ho que non ! Le bassiste peut s'évader du côté de l'ambiance, laisser le batteur seul dans la section rythmique et devenir ainsi plus mélodique, mettre de la nuance, de la sensibilité dans son jeu... Laisser durer les notes, introduire quelques douces phrases, des slides qui font vibrer (le sol, la batterie et les gens), du silence.
Cela demande beaucoup de précision et de concentration, une note placée au bon moment peut apporter bien plus qu'une phrase complexe ! Un répit, une pause est ainsi apporté dans le morceau, permettant aux musiciens et auditeurs de se reposer, de faire une coupure, un contraste, de casser la continuité.

Pour illustrer ces propos :

Pour finir, le bassiste peut aussi "duoter" avec les claviers ou guitares pour apporter plus de puissance, d'intensité au riff (tout les groupes n'ont pas plusieurs guitaristes). Quand tous les instruments jouent la "même" chose (souvent qqch de rapide, technique et mélodique), l'auditeur est submergé et impressionné ! Chacun peut faire "ce qu'il veut", le public est perdu ! Il arrive aussi que le bassiste joue un mini solo qui a pour rôle de faire un break, annoncer un changement, début de thème (repris par le groupe entier ensuite). Dans ces moment le bassiste doit faire preuve de dexterité et d'endurance.

Ecoutez plutôt : Bien sur tout cela n'est qu'un aperçu, un résumé du rôle du bassiste dans le rock progressif, les possibilités sont énormes, et les musiciens n'ont pas fini d'innover et de nous surprendre !

J'espère que ces brefs exemples et explications vous ont plu et vous permettront de vous repérer dans l'univers du rock progressif.


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Pierric conte la batterie

Bonjour à tous !

Je vous invite durant ces quelques lignes à découvrir le rôle de la batterie dans notre style de musique. Je vais vous parler de certaines techniques ainsi que de certains batteurs qui par leur talent m’aideront toujours à progresser. Comme on dit, c’est en regardant que l’on apprend.

Commencez par prendre une bière, un gros morceau de « forêt noire » ainsi qu’une bonne chaise de bureau et...bonne lecture !

Interprétation et techniques

Lorsque l’on pense « métal » ou « rock », question batterie on imagine immédiatement « double pédales ». Pourtant dans le prog il n’est pas nécessaire d’avoir une magnifique technique. Donc pas besoin d’avoir les mollets de Dave Lombardo (Slayer) pour pouvoir plus ou moins assurer. Une bonne dose de travail et d’imagination et voilà un
rythme typiquement prog.

La « double » est très souvent utilisée lors des « breaks » (variantes durant le rythme de base). Par exemple 6 coups de caisse claire, 2 coups de « double », 2 caisse claire, 2 « double », 6 caisse claire et ça donne un truc comme ça.

Au niveau rythmique, le « prog » ressemble au métal normal à quelques exceptions près : Prenez un morceau de pur métal, vous trouverez uniquement une métrique régulière que l’on appelle 4/4. Métrique régulière mmm...? lors d’un concert prenez une table, montez à 12 potes dessus et sautez en rythme en même temps que la musique... allez hop.

Si nécessaire, changez de table et on recommence l’exercice.

Si vous vous êtes assis, c’est normal. Ce passage comportait uniquement des métriques dites « irrégulières ». Le grand job du batteur et de se rappeler où elles sont et leur durée. Parfois, il faut compter jusqu’à 4 (4/4), parfois jusqu’ à 7 (7/4) ou même 2 fois plus vite jusqu’à 7 (7/8), par exemple. Si tu comptes jusqu’à 7 au lieu de 4, ben t’es « à l’ouest ».

Souvent les rythmiques sont saccadées, avec de forts accents pour savoir où l’on nage, comme sur cet extrait. Tantôt il faut jouer super fin, doucement...pour faire sonner la batterie différemment, ce qui méga-super-énormément difficile.

Maintenant une petite technique que je trouve amusante, et que j’utilise assez souvent (ce qui ne réjouit en général pas trop Ben...hi !). ça consiste à se mettre "à l’envers" par rapport au rythme normal. La différence est flagrante, même pour quelqu’un qui ne pratique aucun instrument.

Je trouve ça super cool, mais il faut savoir se remettre dans le « droit chemin » au bout d’un moment, car ça ne doit être qu’un bref effet. Ce petit truc fun est souvent utilisé dans le metal-prog.

Les batteurs progressifs

Mike Portnoy (DT, Transatlantic, LTE)
Il commença la batterie plutôt jeune. Adolescent, il s’inscrit à Berklee (immense école de Boston, très réputée), et suivit la formation jusqu’au bout. Il est encore aujourd’hui admiré pour avoir fait avancer la batterie dans ce style grâce à une merveilleuse imagination, tant au niveau technique que musical. C’est un fan d’albums « concepts ».

Virgil Donati
Il débuta le tambour à l’âge de 6 ans. Encore un des rares batteurs à tenir ses baguettes comme on le fait au tambour. Il suivra une formation classique et jazz très poussée Il possède aussi une coordination hors pair. Rien ne va en même temps (pieds – mains – gauche –droite) mais tout coïncide. Un régal. Il évolue actuellement avec Steve Vai, mais il participa également au projet Planet X. Il reste avant tout un batteur de « session » studio.

Thomas Lang
Enfin un européen. Oui oui, le petit Thomas vit le jour en Autriche. Ce gars est un virtuose. Il possède une finesse et un doigté hallucinant. C’est un gars que j’admire car il a su rester simple et faire avancer le milieu grâce à des concepts innovants. Un seul conseil pour les batteurs : commandez son DVD  www.hudsonmusic.com . C’est plus qu’un DVD, c’est un outil de travail.

Bien sûr il y’a encore d’autres batteurs, mais si je devais parler de tous ceux que j’admire et non seulement dans notre style de musique, ce serait trop long.

Voilà, après vous avoir expliqué le jeu de la « double pédale », présenté certaines techniques ainsi que trois batteurs de génie...je m’accorde le droit de faire la bise aux filles et de serrer la main aux garçons.

Amenez la bouteille au "verres vides", nettoyez les miettes et remettez la chaise en place.

Amicalement,

Pierric


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José nous en raconte sur le son

...et oui ! Car c'est bien beau d'avoir 4 ou 5 gaillards à disposition, leur instrument bien en main, des morceaux magnifiquement ficelés et l'envie irrésistible d'écouter tout ça nous jouer du rock progressif...mais encore faut-il que ça sonne !

Heureusement, que ce soit sur scène ou en studio, il y a une pièce importante qui suit le groupe à la trace dans toutes les occasions, un ange protecteur indispensable : l'ingénieur du son !

Quand le groupe est sur scène, l'ingé-son c'est le gars qui se trouve "à la table" pendant le concert. N'allez pas comprendre par là qu'il mange pendant que ses potes travaillent, car c'est bien d'une table de mixage qu'il s'agit. Sur cette table, que l'on appelle aussi console, arrivent toutes les sources sonores qui émanent du groupe : une dizaine de micros placés sur la batterie, les micros de chant, les micros placés devant les
amplis guitare et basse, parfois un sampler ou plus simplement un lecteur de CD comprenant l'intro pré-enregistrée du concert et enfin les câbles qui sortent directement des synthés ! Ces sources vont être attribuées chacune à une piste de la console (p.ex. grosse caisse sur la piste 1, caisse claire sur la 2...synthés sur la 29 et 30 !)

Le job du gars va être, grâce à un sang-froid extraordinaire et une patience à toute épreuve, de gérer simultanément et harmonieusement ces pistes (qui peuvent être au nombre de 96 et plus dans les cas extrêmes) afin d'obtenir un son qui soit très beau pour les spectateurs venus assister au show. Pour ce faire, il peut influer sur la dynamique, l'égalisation, les effets, la panoramique et le volume, de chaque piste. Cette restitution pour le public est appelée le son "de façade".

Mais ce n'est pas tout ! Car outre le public, les musiciens eux-mêmes ont besoin de son sur scène, pour qu'ils puissent entendre précisément ce que eux-mêmes et leurs camarades sont en train de jouer. C'est ce que l'on appelle le son "de retour". Ainsi, et selon la taille du lieu et la charge de travail, on trouve sur scène une autre console qui ne s’occupe que du son retour. Chaque musicien a son propre mix de retours. Sinon c'est depuis la console de façade que l'ingénieur du son va gérer en plus le son des retours qui est renvoyé sur scène, soit dans des haut-parleurs (moniteurs) placés au pied des musiciens soit quelque fois dans des oreillettes placées...dans leurs oreilles !

Dans tous les cas l'exercice s'avère périlleux car chaque musicien a des besoins très précis en terme d'audition sur scène. Par exemple, le batteur et le bassiste devront bien s'entendre, pour que la section rythmique puisse jouer parfaitement ensemble. De même le chanteur et les musiciens exécutant des choeurs devront particulièrement bien s'entendre afin que leurs harmonies vocales ressemblent à quelque chose. Le mixage des retours est pour beaucoup une affaire de feeling, quand un musicien regarde son retour ou son ampli par exemple, il faut en général y jeter une « oreille », ou lorsqu’un chanteur chante excessivement faux ou force et qu’il n’en a pas l’habitude, il ne s’entend probablement pas très bien.

En studio, l'ingénieur est toujours derrière sa table, mais le stress est différent. En effet, si la notion d'urgence liée au direct est inexistante, la prise de son, quant à elle, ne tolère pas la moindre imprécision car au final il y a un disque qui se doit d'être techniquement parfait.

La grande différence en studio est que l'enregistrement se fait en plusieurs étapes et les instruments les uns après les autres. On commence généralement par la batterie, puis la basse, guitare, synthés, voix et choeurs. La gestion de chaque piste est effectuée minutieusement et le mixage des pistes entre elles peut prendre des semaines.

Evolution à travers les âges

Nous allons, dans cette rubrique parler un peu du son "studio" et de son évolution dans le temps, en prenant l'époque de référence du prog, soit des années 70 à nos jours.

Il y a 30 ans de cela, il est évident que les techniques étaient bien moins avancés qu'aujourd'hui. Rien qu'en terme de support d'enregistrement on est passé des grosses bandes analogiques au disque dur purement digital en l'espace d'une seule décennie (1980 - 1990). Il est donc évident que la technologie numérique a beaucoup apporté de facilités à l'ingénieur du son. Les supports finals ont eux aussi évolué du disque en vinyle au fichier mp3 en passant par le compact-disc.

Je vous propose, afin de décrire plus concrètement cette évolution, de comparer les 3 extraits suivants, issus chacun de trois époques bien distinctes. Veuillez noter que je n'ai retouché ni le volume ni l'égalisation des extraits suivants : Particularité du son prog

Jusque-là cet exposé sur le son est resté général et applicable, somme toute, à toute tendance musicale qui aurait traversé cette même époque de référence...Alors qu'est-ce qui distingue le prog d'un autre style musical en terme de son ? Presque rien finalement ! Le mixage est une part de l’art produit sur scène.

Le travail est tout simplement plus ardu pour l'ingénieur en raison de la diversité des sons utilisés. La guitare et le synthé peuvent être amenés a effectuer plus de 20 changements de sons dans un même morceau. Que ce soit en live ou en studio, la difficulté spécifique à ce style réside donc dans la gestion de ces changements. Dans l'exemple que je viens de citer l'ingé devra potentiellement modifier 20 fois les paramètres d'une seule piste afin de restituer toutes les finesses d'une seule chanson !

Voilà pour ces quelques éclaircissements qui vous auront, je le souhaite, permis d'en apprendre un peu plus sur le sujet.


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L’univers lexical du rock progressif

L’avantage du genre est de présenter une musique riche et imagée, qui a elle seule raconte déjà une histoire. La succession des différentes parties distinctes prête donc à la prolixité des textes et aux rebondissements les plus intenses.

Par exemple, dans son titre "Once around the world" le groupe It Bites, nous raconte, en 17 minutes, la journée d’un homme qui se réveille, lit son journal, déjeune, va promener son chien, monte dans sa voiture et prend la route en décrivant ce qu’il voit sur son passage, de l’homme dans sa chaise à bascule à la garden-party de voisins un peu coincés. La musique illustre ce récit à merveille, comme vous pourrez le constater en écoutant ce morceau :
Once around the world

Il est pourtant aujourd’hui difficile de cataloguer fermement les thèmes abordés par les auteurs de ces morceaux. Mais si l’on y regarde de plus près, on peut noter des similitudes entre les 4 grands thèmes de l’écriture romantique (amour/mort/nature/fuite du temps) et les textes des morceaux du rock progressif.

Ainsi, dans les œuvres majeures du style on trouvera des albums concept qui explorent ces idées dans le détail.
On nommera notamment "Misplaced Childhood" de Marillion qui décrit les états d’âme d’un homme nostalgique de sa jeunesse et de ses amours perdues, "Remedy Lane" de Pain of Salvation qui se veut un véritable "traitement" face à une rupture amoureuse du chanteur Daniel Gildenlow ou "Scenes from a memory" de Dream Theater qui retrace le drame d’un crime passionnel et fratricide.

Un autre aspect du prog est son affinité avec l'univers de l'heroic fantasy dont Tolkien fut le grand maître. Pour preuve le nombre de groupes qui portent un nom inspiré directement de ses romans : Galadriel, Aragorn, (Sil)Marillion, etc.

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Les groupes "phare"

Beaucoup de choses ont déjà été écrites dans cette étude dédiée au rock progressif. Toutefois nous avons eu envie, dans cette rubrique de répertorier les groupes principaux de ce style. Vous trouverez donc, ci-dessous, par ordre alphabétique, une liste de groupes qui méritent, selon nous, une attention particulière, avec quelques infos et des liens vers les sites officiels, s'ils existent.



 Angra 

Excellent groupe provenant du Brésil et ayant acquis une renommée internationale au cours des 5 dernières années...



 Dream Theater 

L'histoire de ce groupe culte débute sur les bancs de la fameuse "Berkeley Music School" à Boston. Cette institution, qui peut se targuer d'avoir donné naissance à de nombreuses stars de la musique, peut être fière d'avoir été à la base de la rencontre de 4 musiciens exceptionnels : John Petrucci à la guitare, John Myung à la basse, Mike Portnoy à la batterie et Kevin Moore aux claviers. Le premier chanteur du groupe, Charlie Dominici, n'aura duré que l'espace du premier album "When dream and day unite" sorti en 1989.
James Labrie le remplacera en 1992 pour l'excellent album "Images & Word". Cet opus est une véritable révolution dans le milieu musical. L'excellence des 5 musiciens, démontrée au détour de chaque titre fait l'effet d'une bombe. Les grandes marques d'instruments de musique ne s'y trompent pas : Ibanez collabore avec Petrucci pour la création de son modèle signature, Yamaha fait de même pour Myung et sa basse alors que Mike Portnoy largement sponsorisé par les batteries Tama exécute de nombreux workshops pour cette marque renommée.

L'album "Awake" suivra en 1994 et marquera le départ du claviériste Kevin Moore. Un certain Derek Sherinian le remplacera dès l'album suivant : "Falling into infinity" en 1997. Mais Jordan Rudess, claviériste prodige le remplacera à son tour en 1999 pour l'album concept "Scenes from a memory".

Depuis, le line-out est inchangé et le groupe surfe sur la vague du succès, avec 3 albums supplémentaires "Train of thoughts", "6 degrees of inner turbulence" et "Octavarium" le petit dernier, sorti en 2005.



 Marillion 

En 1982, ce groupe anglais commence à tourner sous le nom de Marillion (à la base le nom était Silmarillion, qui est une créature de l'oeuvre de Tolkien). Le public découvre alors la voix et le charisme de Fish, le chanteur écossais du groupe. 4 albums superbes seront écrit durant cette ère : "Script for a jester's tear" en 1983, "Fugazi" en 1984, "Misplaced Childhood" en 1985 et "Clutching at straws" en 1987.

Ensuite, c'est le clash : après de longues années de tournée, les tensions s'accumulent et les divergences musicales deviennent insurmontables entre Fish et les autres musiciens du groupe. La séparation est décidée. Fish commencera une carrière solo et ses anciens compères (Steve Rothery à la guitare, Mark Kelly aux claviers, Pete Trevawas à la basse et Ian Mosley à la batterie) gardent le nom du groupe.

Une audition est lancée pour trouver un nouveau chanteur et le choix se portera sur un certain Steve Hogarth, compositeur, claviériste et chanteur du groupe "Europeans".

Commence alors une véritable révolution : Les fans de la première heure s'éclipsent, déçus du départ de Fish et Hogarth doit faire sa place aux yeux du public, ce qu'il réussira rapidement grâce à une grande humilité et une voix exceptionnelle.

Ensuite, son l'impulsion de cet artiste original, le groupe va peu à peu évoluer musicalement et s'éloigner de son style de prédilection.
Aujourd'hui les musiques du groupe ont perdu leur caractère progressif au profit d'une tendance plus pop.

Autre particularité de ce groupe, Marillion a su créer un réseau de fans incroyable à l'aide de son site internet. Ainsi, l'album "Anoraknophobia" sorti en 2001 a été produit intégralement par...le public du groupe. En effet, par le biais du site, Steve Hogarth et ses compères ont réussi l'inimaginable : prévendre une grosse quantité d'albums avant même de l'avoir enregistré. Grâce aux rentrées d'argent obtenues, ils ont pu financer le studio et éviter les problématiques liées à un contrat avec une maison de disques !

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Les pochettes

Enfin, cette étude ne serait pas complète si elle omettait un aspect important du rock progressif : l'art pictural !
En effet, il semble que, dès les premières heures du prog, sa musique très imagée ait trouvé un pendant naturel et indissociable dans l'artwork qui compose ses pochettes. En la matière, on note aussi une évolution typique entre les 3 grandes époques du style.

Les premières fresques des groupes classiques des 70's consistaient bien souvent en une surenchère de dessins très colorés. On notera le penchant de Yes pour les
paysages lunaires surréalistes, la touche psychédélique de King Crimson et le côté pastel naïf de Genesis. Il semble, pour ces précurseurs que l'ambiance du dessin soit plus importante que sa signification réelle, ce qui explique aussi la perplexité du grand public qui peut difficilement s'appuyer sur l'aspect graphique de la pochette pour tenter de comprendre le sens de la musique.

Cette suprématie du dessin sur la photo va se poursuivre avec les groupes néo-prog de la deuxième vague. Toutefois, cette génération va donner plus d'importance de la représentation des pochettes sur la compréhension du public.

L'exemple le plus mythique de cette époque est sans aucun doute la trilogie des premiers albums de Marillion sous l'empire de leur premier leader Fish : entre Script for a jester's tear , Fugazi et Misplaced Childhood l'on retrouve sur les pochettes l'expression imagée des histoires racontées dans les morceaux. De plus, les mêmes symboles apparaissent au fil des opus, mais dans des situations bien différentes de l'un à l'autre : la pie voleuse, le bouffon, le caméléon, le tableau...

C'est donc un véritable concept pictural qui donne à la musique une deuxième dimension et contribue à son attrait sur le public. Le dernier album de la période Fish Clutching at straws , marquant la séparation du groupe, ne dévoilera plus qu'une petite partie de l'un de ces symboles (le chapeau du bouffon dans la poche du personnage à droite), indiquant de manière quasi subliminale la fin d'une époque révolue.
Dès l'arrivée de Steve Hogarth on fait le ménage : sur la pochette de Season's end les symboles font leur apparition une dernière fois, dans un contexte lourd de signification : le caméléon est au milieu des flammes, il ne reste de la pie qu'une plume dans le désert, l'oeuvre du bouffon se noie et son chapeau à grelots s'envole. Ce sera aussi la dernière apparition du logo qui représenta le groupe pendant toutes ces années.

Dans les cas d'école de cette deuxième génération, on mentionnera celui du groupe Asia, qui semble apprécier particulièrement les animaux mythico-fantastiques.

Avec la troisième génération de groupes (et ceux qui ont survécu des deux premières) on constate l'apparition de la photo, qu'elle soit pure ou intégrée dans des dessins. Pourtant c'est le seul élément véritablement concret que l'on observe. Il semble qu'il n'y ait plus de tendance établie et que les groupes cherchent plutôt à sortir du lot en trouvant leur propre design qu'à être assimilé, par leurs pochettes, à un style prédéfini.

Cet aspect se traduit très bien en observant les logos des groupes ayant justement traversé les 3 décénies du prog : bien souvent, après s'être "accrochés" au même logo pendant 20 ans ils décident soudain de l'abandonner et de recréer un nouveau design à chaque album...

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Les problèmes audio

Selon toute vraisemblance, le seul réel problème potentiel peut résider dans l'écoute des morceaux, et la fenêtre "sons" prévue à cet effet.

Dans certains sites, vous avez peut-être l'habitude, lorsque vous cliquez sur lien audio, de voir votre lecteur multimédia (Window Media Player, Music Match, Quick Time, Nero, Winamp, etc.) s'ouvrir spontanément par dessus la page en cours et lire le fichier audio y relatif.
Dans cette encyclopédie, le lecteur est intégré dans la page. C'est donc votre navigateur (Internet Explorer, Netscape, Firefox, Opera, etc.) qui va se charger de le lire. Votre fenêtre "sons" devra alors ressembler à ça :



Pour cela, votre navigateur aura simplement besoin d'être configuré de sorte qu'un lecteur lui soit associé, sous forme de plug'in. A notre connaissance, 2 lecteurs sont utilisables en ce sens : Window Media Player (WMP) et Quick Time (QT).
C'est à ce niveau que les choses se compliquent, comme d'habitude, en raison de la "bataille de préau" que se livrent les grands constructeurs informatiques (Mac contre PC).

On constate, en effet des différences typiques entre les principaux navigateurs :

Il s'agit donc, pour un bon affichage, de configurer ces 2 lecteurs correctement. Voici donc la marche à suivre pour chacun d'entre eux :

Window Media Player
  • Ouvrir le logiciel
  • Dans le menu "outils", choisir "options..."
  • Dans l'onglet "Types de fichiers" , cocher la case "son au format mp3".
  • Cliquez sur "appliquer"
  • cliquez sur "ok"
  • Fermer le logiciel


  • Voilà, c'est fait, il ne vous reste plus qu'à rouvrir ou "actualiser" la page de l'encyclopédie et le tour est joué !


    Quick Time
  • Ouvrir le logiciel
  • Dans le menu "edit", pointer "preferences" et choisir "Quick Time Preferences"
  • Cliquez sur "MIME Settings"
  • Cocher la case "mp3 - MPEG layer III movies and streams".
  • cliquez sur "ok"
  • Fermer le logiciel


  • ...et la messe est dite ! Il ne vous reste qu'à réactualiser la page de l'encyclopédie.

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