Cette base de connaissance a été
conçue par nous, membres
du groupe Pilgrim, qui avons fait du rock progressif notre style de
prédilection.
Si ce n'est point déjà fait, nous vous invitons à
visiter le site de notre
groupe, situé à la racine de cette présente page.
Le contenu de cette encyclopédie est avant tout le reflet de nos
sensibilités
et de notre propre interprétation/compréhension du rock
progressif. Cette
dissertation ne saurait donc être "parole d’évangile" mais
simplement la
vision personnelle et forcément subjective et incomplète
des passionnés
que nous sommes. De plus, nous avons mis l'accent sur des chapitre dans
lesquels nous pouvions réellement apporter quelque chose de plus
que les nombreux
et excellents autres sites qui traitent ce sujet.
Cette encyclopédie est interactive et vous pourrez
simultanément :
Techniquement, cette page a été réalisée
pour convenir à une résolution
graphique de 1024 x 768 pixels. En dessous de ladite, nous ne
garantissons
pas un affichage harmonieux.
Pour toute autre question technique, nous avons préparé
une petite rubrique
d'aide, accessible à l'aide du menu ci-contre, qui devrait vous
permettre
de régler les problèmes d'images et de sons que vous
pourriez rencontrer
lors de votre visite.
Copyrights
A l'heure où nous créons cette encyclopédie, le
débat sur les droits d'auteur,
le piratage des musiques et toute la problématique liée
aux mp3 est sur
le devant de la scène. Une première condamnation est
tombée en Asie pour
un homme qui a mis illégalement des fichiers mp3 à
disposition du public
sur un site de "peer to peer". Ces condamnations semblent vouloir se
propager
vers l'occident et nous pensons que la Suisse ne sera pas
épargnée.
A ce sujet, nous tenons à signifier notre position qui est
très claire
: l'industrie du disque doit pouvoir être sauvegardée du
fléau qu'est le
piratage. En tant qu'artistes nous déplorons que les labels,
indépendants
ou majors, doivent aujourd'hui renoncer à produire des groupes
en raison
d'un risque commercial devenu beaucoup trop grand à cause du
piratage. Ce
phénomène pourrait causer la perte de cette industrie du
disque, qui, ne
l'oublions pas, produit des CDs ! A terme c'est tout simplement cette
source
musicale qui pourrait venir à tarir pour le grand malheur de
tous.
Concernant cette encyclopédie, nous y avons mis principalement
des extraits,
à quelques exceptions près. En effet, pour certaines
explications nous avons
considéré qu'un morceau complet devait pouvoir être
écoutable. C'est la raison
pour laquelle nous avons "plombé" l'accès aux musiques et
qu'il ne vous
est pas possible de télécharger les fichiers
proposés, mais uniquement de
les diffuser dans le lecteur intégré ci-contre.
Nous espérons ainsi remplir la mission première que nous
nous sommes fixée
: faire connaître le rock progressif. Si cette mission est
remplie, ce sera
alors au bénéfice des artistes que nous vous
présentons et nous espérons
que, en cas d'intérêt, vous leur rendrez hommage en
achetant leurs disques.
D'avance nous vous en remercions.
Ceci étant dit, nous vous souhaitons bien du plaisir dans la
découverte de cet ouvrage.
Le rock progressif, appelé aussi "rock
progressiste" ou
"rock mélodique" prend sa source à la fin de
années 60 sur le vieux continent.
Les pionniers de cette époque sont très créatifs
et expérimentaux. Nous citerons Pink Floyd, Yes, Kansas,
Genesis, King Crimson, Gentle Giant, Focus, Soft Machine, Renaissance,
Caravan.
On peut considérer que
Led Zeppelin, Deep Purple,
Queen ou les Beatles sont, dans
une certaine
mesure, aussi à la source de la tendance progressive.
Un monde en pleine révolution fournit à ces
précurseurs une source d’inspiration
tant musicale que textuelle qui se fait témoin de cette
époque tourmentée.
King Crimson nous parle d’un certain "20th century schizoid man" alors
que
Yes prend position écologiquement dans "Dont’ kill the whales".
Genesis,
jadis emmené par le chanteur Peter Gabriel dresse un constat
cynique de l'Angleterre
d'après-guerre dans l'album "Selling England by the pound".
Musicalement, les puristes vous diront que cette époque est la
seule qui
soit véritablement digne d'attention. Même si nous ne
partageons pas intégralement
ce point de vue, force est de constater l'inventivité
visionnaire de ces
dinosaures qui ont su créer un style original sur les cendres de
la musique psychédélique des baba-cools. Cette vibration
"flower-power" on la retrouve
pourtant en écoutant les morceaux de certaines formations
typiques de cette
époque, pourtant on constate vite sa fusion avec des tendances
jazz rock
très dynamiques et nettement plus complexes, servi par des
artistes comme
Frank Zappa, Allan Holdsworth, Mahavishnu Orchestra, Wheater Report,
Return
to Forever, Magma, Dixie Dregs (avec le grand Steve Morse),
Greg Howe, etc..
De cette première vague, surgira au début des
années 80 le mouvement néo-progressif
emmené par des combos comme Marillon,
IQ, Rush, Asia et
Pendragon. De l'avis
général on
doit la survie du style aux groupes précités tant cette
décennie est considérée
par beaucoup comme la "période pauvre" du prog. Cela s'explique,
à notre
avis, par l'évolution de la technologie qui a donné au
synthétiseur son heure
de gloire. De cet instrument que le monde découvre petit
à petit, notamment
grâce à Jean-Michel Jarre, les musiciens feront un usage
abusif rendant certaines compositions à la limite du digeste.
Pourtant ce mouvement aura le mérite de toucher plus largement
le public
grâce à une musicalité moins torturée que
celle de ses prédécesseurs et
des thèmes globalement plus accessibles. Cette version du prog
va s’essouffler
en quelques années pour faire place au courant actuel du style.
En effet, dès le début des années 90, le mouvement
va se durcir sensiblement
et fusionner avec le heavy metal pour donner naissance au "metal
progressif",
indiscutablement représenté par le groupe
américain
Dream Theater. Nous sommes dans
l'ère des "super héros" emmenés par des musiciens
virtuoses surdoués qui
font l'admiration d'un public estomaqué par leurs prestations
techniques.
De ce chaudron émergeront des groupes étonnants d’une
qualité exceptionnelle,
tels que Liquid Tension Experiment, Spock’s Beard, Flower Kings,
Symphony
X, Angra, Transatlantic,
Pain of Salvation, Porcupine Tree, Arena ou Shadow
Gallery.
Si vous désirez en savoir plus sur cette saga du rock
progressif, nous
vous suggérons de visiter ces sites très complets
à ce sujet :
?
Le décor historique étant planté,
nous allons tenter,
dans cette rubrique d'aller plus loin dans la compréhension
musicale de
ce style mystérieux. Nous espérons qu'après ces
quelques explications vous
serez capables, à la première écoute d'un morceau,
de pouvoir dire : "Ah,
ça c'est du prog !".
La particularité première du rock progressif
réside dans sa complexité
générale.
Pour mieux comprendre cette particularité, nous allons faire la
comparaison
entre un morceau de variété et un morceau de rock
progressif. A noter que
les deux titres choisis pour illustrer ces différences sont des
"cas d'école"
destinés à démontrer les différences de
tendance entre les 2 styles et non
pas à les "caricaturer".
Il répond à une structure standard qui
est plus ou moins
la suivante :
Le tout répond en outre à des règles tacites
strictes en matière de timing
avec une durée moyenne de 4’00 afin de permettre le passage en
radio.
En terme d’harmonie, la partie purement instrumentale du morceau est
généralement placée en second plan, pour laisser
toute la place à la voix, considérée
comme l’instrument le plus important de la chanson. Dans cette optique
la
performance des musiciens est réduite à sa plus simple
expression en se bornant, la plupart du temps, à accompagner le
chant. Ce dernier se devra d’être
particulièrement efficace mais aussi relativement simple, afin
de permettre
au public de reconnaître la mélodie très facilement.
Rythmiquement, la grille de tempo largement constatée est le 4/4.
Pour vous donner un exemple de ce type de morceaux, nous avons choisi
de vous faire écouter un très beau titre de Gregory
Lemarchal (un vocaliste
exceptionnel issu de la télé-réalité), qui
correspond en tout point au canevas
démontré ci-dessus et à la plupart des titres de
variété :
Pardonne-moi
Le morceau de rock progressif
Sa structure est beaucoup plus complexe, et il n’est pas rare de ne
trouver aucune partie qui se répète durant tout le
morceau. On peut symboliser cette
structure de cette manière :
- Thème A
- Thème B
- Thème C
- Thème D
- Thème E
- etc.
En revanche, il est assez courant que l'un des thèmes reprenne
une idée
d'un autre thème mais en utilisant une rythmique ou une harmonie
différente.
La durée d’un morceau peut atteindre une vingtaine de minutes
pour des
cas extrêmes.
Rythmiquement, on constate généralement des ruptures de
tempo avec des
passages en 7/8, 5/4 ou 6/8 ce qui rend leur interprétation
particulièrement
complexe.
Harmoniquement, les musiciens s’en donnent à cœur joie
multipliant les
notes extrêmes, les chœurs riches, les accords complexes et
souvent des
passages instrumentaux exécutés à l’unisson entre
la guitare, le clavier
et même parfois la basse.
La voix n’est généralement pas mise en avant "par
défaut". Elle est certes
porteuse d’un message textuel autant qu’harmonique mais reste tout de
même
sur un pied d’égalité avec les autres instruments en
terme de mixage. Comme
chaque instrument, la voix à ses passages de gloire et d'autres
ou elle
est plus discrète.
Pour illustrer ces différences, voici un morceau de Dream
Theater que
nous vous proposons de découvrir :
Learning to live
Comme vous le constatez, les expérimentations les plus
inédites sont permises,
tout en restant musicales et cohérentes. Ces
particularités et richesses
subtilement utilisées permettent de plonger l’auditeur dans un
univers magique,
une atmosphère, une histoire. La manière dont les groupes
progressifs arrivent
à faire évoluer un thème, un morceau ou même
un album entier nous semble
vraiment digne d'intérêt.
?
La formation basique d’un groupe prog est la suivante
: batterie, basse, claviers, guitare et chant. Pour le « metal
prog » on
constate parfois une deuxième guitare, assurée par le
chanteur ou un 2ème
guitariste, et qui permet de booster l’intensité des morceaux.
Toutefois l'histoire nous montre que bien d'autres instruments ont
été utilisés
afin de conférer à certains groupes une identité
particulière. Nous ne ferons
pas ici un inventaire de ces particularités mais plutôt
une étude générale
du groupe-type.
Il faut bien entendu être conscient de la différence qui
intervient entre
la musique d'un groupe sur scène et celle provenant d'un album
enregistré
en studio. Pour cette dernière, une overdose de tricheries est
possible,
notamment l'overdub des guitares ou des voix qui permet de
d'augmenter
incroyablement l'intensité du son. De même, afin de donner
un maximum de
naturel à leurs morceaux, certains groupes n'hésiteront
pas à faire appel à un orchestre philharmonique pour
exécuter certaines parties.
Sur scène, la donne est bien différente et il est
d'autant plus compliqué
de pouvoir restituer toute l'intensité d'un répertoire
avec des moyens limités.
Pour parler plus profondément du rôle et des
particularités de chaque instrument,
nous allons laisser chaque musicien de Pilgrim s’exprimer à ce
sujet.
Généralement le prog
est chanté par des
ténors naturels. En effet, une voix relativement aiguë est
nécessaire pour
se détacher, dans les moments forts, de la densité
instrumentale dégagée
par les musiciens.
La tessiture
utilisée est très large et s’étale en moyenne sur
3 bonnes octaves (1 à
2 octaves pour une chanson de variété).
Enfin la richesse du style nécessite aussi une certaine richesse
du timbre,
qui devra pouvoir s’exprimer du
whispering
à la
voix de tête
en passant par une solide
voix de poitrine.
A l’heure actuelle je considère que le style progressif regroupe
les meilleurs
vocalistes mondiaux. Parmi ces "voice heroes" voici 4 exemples des plus
intéressants :
Fish
1er chanteur de Marillion, cet ancien bûcheron écossais
possède une empreinte
vocale caractéristique qui le rend reconnaissable entre tous. Sa
particularité
est d’utiliser abondamment (et sans doute naturellement) sa voix
"mixte" c'est-à-dire, la partie du panel vocal qui se trouve
entre la voix de poitrine
et la voix de tête. Par contre son vibrato est quasi inexistant.
Voici un extrait de la chanson
Lavender qui montre très bien le style vocal
de Fish.
Hormis sa technique de chant Fish est aussi un personnage très
charismatique, très grand (1,95 mètres) et attachant.
Enfant, n'ayant appris à jouer d'aucun
instrument de musique, il décida de devenir chanteur. Son choix
fut confirmé
lorsqu'il assista à un concert de Yes, qui fut pour lui une
révélation.
Originellement il s’appelle Derek William Dick mais la légende
veut que
son pseudo lui ait été donné par un des ses amis
qui désespérait de pouvoir
accéder à sa baignoire qui était
littéralement squatée par Derek. Il lui
donna donc le surnom de fish ("poisson" en anglais) qui devint son nom
de
scène.
James Labrie
Vocaliste extra-terrestre de Dream Theater, James possède une
voix qui
semble sans limites. S’appuyant sur une formation de chanteur
d’opéra, il
est capable d’atteindre, en voix de gorge, des hauteurs vertigineuses.
Cette
technique sans faille permet d’apporter une puissance exceptionnelle
aux
morceaux du groupe.
Parmi ces exploits vocaux, voici un extrait de
Another day. Ecoutez la
facilité avec laquelle il atteint, en voix de poitrine la note
finale, la longueur, la pureté de son maintien et sa
manière de déclencher le vibrato à la fin.
C’est vraiment du grand art !
Steve Hogarth
2ème et actuel chanteur de Marillion, il possède, lui
aussi un timbre très
particulier. Sa voix peut paraître nasillarde à certains
mais le fait est
qu'elle est très riche dans sa texture et les
harmoniques
naturelles
qu'elle contient.
De plus ce ténor peut atteindre une puissance impressionnante
pour son
gabarit. Enfin, il travaille énormément ses lignes de
voix, puisant dans
des tonalités très tendues pour augmenter
l'intensité dramatique des morceaux.
Voici un extrait de
The Space.
Daniel Gildenlow
Voilà mon favori ! Daniel, c’est le talent à
l’état brut. Aujourd’hui
leader du groupe Pain of Salvation, il est pour moi le symbole d’un
génie
presque diabolique, tant dans l’art vocal et la pratique de la guitare
que
dans l’écriture et la composition des morceaux.
Jugez plutôt : "The perfect element", "Remedy Lane" et "Be" ne
sont rien
de moins que les 3 derniers
albums concept
de ce monstre de travail. D’une profondeur extrême tant
musicalement que textuellement,
son œuvre défie l’imagination.
Vocalement parlant (puisque finalement c'est de ça que je dois
vous parler
!) Daniel possède avant tout un timbre chargé d’une
émotion palpable. Il
vit ses chansons avec toute son âme et son interprétation
est porteuse d'une
puissance émotionnelle très intense. Pour ajouter
à cette émotion il alterne très facilement entre
une voix "cassée" au timbre rocailleux et une voix
claire d'une pureté cristalline.
De plus, sa tessiture est aussi très large et c’est, à ma
connaissance,
le seul homme qui soit capable de produire une voix de tête
suraiguë similaire
à celle de Mariah Carey.
Une imagination sans bornes, une voix hypnotique et polyvalente, un
phrasé guitaristique hallucinant, les mots sont bien faibles
pour décrire un tel
phénomène. Alors, un exemple valant mieux que tous les
discours du monde,
voici
Used la
chanson
d’intro de l’album "The perfect element".
Vous y trouverez l’illustration de ce qui vient d’être
évoqué : tension
émotionnelle de l’intro, des voix parfois subliminales, toujours
à fleur
de peau, un refrain surprenant d’originalité, un solo de guitare
aérien ultra
mélodique et une voix qui n’en finit pas de monter sur la fin de
la chanson...bonne
dégustation !
Mais au-delà des prouesses vocales de ces solistes hors pair, le
prog
est aussi une musique se prêtant particulièrement aux
arrangements de choeurs
qui sont bien souvent assurés (sur scène en tout cas) par
le chanteur et
les musiciens instrumentistes du groupe, ce qui dénote de leur
grande versatilité.
Parmi les spécialistes des arrangements choraux, le groupe Yes
est à mon
sens le plus intéressant. Les sonorités des parties
vocales harmonisées
n'est d'ailleurs pas sans rappeler certains morceaux des Bee-Gees ou
des
Beach Boys, en raison, notamment de la voix très haut
perchée du chanteur
Ian Anderson. Voici un montage des passages vocaux les plus
épiques de leur
répertoire :
medley
Yes.
Mais d'autres groupes, s'inspirant assez visiblement de ces
maîtres, ne
sont pas en reste. Par exemple, vous pourrez apprécier ce
passage de
The shadow hunter
cette chanson du groupe Angra, qui n'est pas sans rappeler les
harmonies de Yes.
Dans un style différent, moins inaccessible et tout de
même bougrement
efficace, voici des extraits du groupe It Bites. J'admire
particulièrement l'efficacité très
entraînante de ces chorus qui étaient effectués en
live avec
une
précision incroyable :
medley It bites.
?
(qui n'a pas une culturation
débordante, mais y s'en fout pasque c'est lui qui cause et tant
qu'y cause, c'est lui le chef.)
Sur une scène de 6 mètres sur 4, en plus d'un batteur, un
chanteur, un
bassiste et un guitariste, il est relativement difficile d'installer un
piano à queue, un quintet à cordes, un octuor vocal, ou
l'Orchestre Symphonique
de Prague.
Même en se serrant bien.
La solution ? c'est la magie de la
technologie-électronique-d'un-futur-proche qui nous l'apporte
(dans une plus humble mesure)… les claviers (on ne parlera pas des
samples ni te toutes les ficelles qu'on peut utiliser. Restons-en au
clavier.)
Bien sur, c'est pas avec quelques circuits, un tas de touches, de
boutons, de câbles, et une poignée de doigts qu'on pourra
reproduire tous les effets
voulus… mais ça reste une solution intéressante à
développer (surtout pour
des gars comme moi, puisque c'est ce que je suis sensé faire au
sein de
Pilgrim. Faut pas déconner non plus, hein ?)
La synthèse
permet actuellement de reproduire, plus ou moins fidèlement, une
grande
partie des sons recherchés. Et il y'a donc une multitude
d'options, que l'on
peut utiliser suivant le résultat que l'on souhaite obtenir :
- Des sons de nappes (cordes, ensembles, cuivres, orgue
d'église, orgue
hammond, …) ou des sons clairs et modulables (piano, clavecin, rhodes,
…)
pour remplir la couche de fond, afin de rendre l'ensemble du titre
joué homogène.
Une petite composition "planante"
pour illustrer cela.
- Des sonorités synthétiques, monophoniques ou
polyphoniques,
pour remplacer ou seconder la guitare dans un solo.
Bref, avec une bonne dose de temps et de patience, il est possible de
créer toutes les sonorités imaginables, afin de donner du
relief au titre joué.
La particularité des claviers du prog, c'est qu'ils doivent
suivre les
intensités de la partie dans laquelle ils se trouvent. Comme la
structure
du morceau est très variable, il faudra s'adapter à la
profondeur, ou à la
légèreté du passage en question. Une partie
aérienne, sera probablement
accompagnée de nappes. Une partie musicale rythmée, faite
de solo, nécessitera un son sec et plus précis. Une
partie plus extravagante ou pompeuse sera
par exemple accompagnée d'un chœur, d'un orgue d'église,
ou de nappes (ou
pourquoi pas le tout, superposé).
Et hop, encore une petite
composition "symphonique" à titre
d'exemple !
Je vous propose maintenant mon point de vue sur le jeu de 4
différents musiciens, qui cultivent tous une approche
différente de leur jeu, soit :
- la rapidité, l'agilité (ou delirium tremens
instable avec une choppe
d'adrénaline pour le ptit déj, agrémenté
d'un cocktail aux ext...aux, euh,
vitamines.)
- l'ambiance, la profondeur (les effets « montées
aériennes et planantes
» : des offres imbattables chez www.airfrance.fr)
- la rock'n roll attitude (c'est un terme à moi qui vient de
notre ami
à tous : Eddie Halliday...ça veut dire en gros : l'effet
live qui bouillave
une pèche de sa race)
- et finalement la délicatesse au service de
l'émotion (qui fait des
picotements sur les bras ou ailleurs suivant chez qui).
Jordan Rudess
–
rapidus fulgurantae (ça se devine tant que ça, que je
parle pas un mot de
latin ? m'en tape, c'est moi qui décide de quesque j'veux
écrire.)
Sorti tout droit des laboratoires d'expérimentation
génétique de armée
bolkovite : nous avons affaire avec un mutant (il a d'ailleurs un
pitch
déjà greffé
sur l'index de sa main gauche). Le croisement d'un lézard, du
TGV qui fait Genève-Paris, d'une pieuvre et du canon dans lequel
j'ai du faire le crétin…l'armée,
je veux dire (oui je sers mon pays avec fierté et ferveur. Ay'm
djoquine…).
Le 3ème clavier de Dream Theater, dans l'ordre d'arrivée.
Depuis "Scenes
from a Memory", il nous propose un jeu complètement
dément. Aussi à l'aise
de la main droite que de la gauche - ou des deux en même temps.
Son style
ressemble plutôt à une pluie tropicale ; une averse de
note continues, denses,
plus rapides les unes que les autres.
Pour le métal progressif, c'est mon clavier favori. Il
insère des parties
d'une virtuosité inégalée dans ce style. Puisant
son jeu dans le symphonique,
le classique, la fusion, le blues, le métal et même le
charleston, il arrive
à tirer une puissance de ses claviers qui rivalise sans
problème avec un
solo de
gratte. Mais, à consommer avec modération, sous peine
de saturation :
medley Jordan Rudess.
C'est également un excellent musicien de session. Il a
contribué à un album
de David Bowie, ou d'Enrique Iglesias (une sombre histoire d'argent
sale,
je suppose), et prêté ses doigts pour des tournées
de Porcupine Tree, des
Dixie Dregs ou de Steve Morse.
Clive Nolan
– tripum
aerianem
Clavier du groupe Arena et Pendragon.
Selon moi, la tête de liste du néo-prog. Plus en retrait
dans Arena, les
claviers prennent une place privilégiée dans Pendragon.
Dans ce dernier
groupe, on retrouve des compositions extrêmement
aériennes, dans le genre
de Pink Floyd. Des nappes riches et profondes, des modulations
harmoniques
pleines d'émotion et de profondeur, des solos légers ou
puissants, rarement
hypersoniques, pas de virtuosité à outrance, mais des
notes bien placées.
Le but à atteindre est plus de faire vibrer l'auditeur, le faire
rêver
et voyager, plutôt que de lui en mettre plein les tympans :
medley Clive Nolan.
Ryo Okumoto
- rocknrollatitus bonnardus
Le clavier de Spock's Beard, le groupe phare du rock prog actuel
façon seventies.
(quoique le départ de Neal Morse, la tête pensante, me
fait bien du souci…).
Grand manitou déconneur des jam sessions, fervent utilisateur de
tous les
sons organ et vintage… Heureux de vivre et de jouer, et ça se
ressent vraiment.
Un toucher magnifique, une rapidité et une virtuosité
déjantée. Bien plus rock que les autres, il est capable
de donner une bonne dose de moral dans une période creuse en
heureuseté.
Un style général assez jovial, mais qui sait
également se mettre en retrait
sur les ballades plus légères de ce groupe excellent :
medley Ryo Okumoto.
Fredrik Hermansson
– emotionnam afleurdepum
...qui est le mystérieux et silencieux clavier de Pain of
Salvation. Moins
spectaculaire que beaucoup d'autres claviers, ne mettant pas en avant
la
technique et la rapidité. Mais son style est
épuré, chirurgical et va droit
au cœur. Il joue d'une manière plus élégante et
légère, privilégiant les
petites feintes harmoniques plutôt que le remplissage.
Sans y prêter attention, son jeu paraît fluide et naturel.
En décortiquant
les thèmes, on s'aperçoit qu'il apporte une touche
délicate pour les titres
les plus intimistes, ou une profondeur puissante et émotionnelle
pour les
titres complexes et triturés.
A mes yeux, son jeu frise la perfection. Pas au niveau technique
(même si
ça reste une sacré bestiole), mais au niveau de la
présence. Les compositions
du groupe sont redoutables de complexité cachée, de
feintes discrètes et
de finesses invisibles...et c'est avec perfection qu'il remplit son
rôle.
De loin mon coup de cœur, que ce soit lui ou le combo :
medley Fredrik Hermansson
?
La guitare, tout comme les
autres instruments, est à l’honneur dans le rock progressif. Si
on se réfère à la définition de ce style,
on constate que les morceaux sont basés sur des thèmes
puissants,
des harmonies riches et des rythmes souvent irréguliers : c’est
la quatrième
dimension ! La 6 cordes ne va pas échapper à ces
règles...
Avec son panel complexe et varié de techniques, la guitare :
Le son de guitare est très important. Il doit être beau,
dynamique, ample
et puissant, tranchant ou doux. Je cite comme référence,
John Petrucci,
véritable alchimiste du son. La recette est complexe, voyez
plutôt le
système utilisé
! Je vous rassure, pas besoin de tout ça pour faire de la zic,
ce cas est
extrême !
J’admire également les bands qui enjolivent leur musique avec
des instruments
acoustiques, tels la guitare folk, la guitare classique, la mandoline,
la
sitar, la guitare 12-cordes, le violon, la flûte, etc. comme dans
ce
medley
Voilà, c’est déjà fini pour cette première
approche succincte de la guitare
prog’. Pour plus de détails, voici une bonne adresse :
http://www.guitarshredshow.com
La suite peut-être en live ?
?
Vous vous êtes certainement
demandé, un jour, à quoi servait le type avec cette
étrange guitare disproportionnée... avec son manche plus
long... ses cordes beaucoup plus grosse mais moins
nombreuses... et qui en plus ne joue pas comme les autres gratteux !
Cette profonde interrogation est au combien sensée, vous avez
clairement mis le doigt sur l'un des mystères ancestraux de la
musique : le bassiste
!
Et comme si ça n'était pas déjà assez
confus, il vous faut tomber sur un
bassiste de rock progressif...vous êtes bien mal barré
l'ami ! Heureusement,
dans les paragraphes qui suivent, se trouvent des indices sur le
pourquoi
du bassiste, des clés vous permettant de mieux comprendre sa
présence dans
les méandres du progressif (et même de la musique en
général).
Soit !
Le bassiste peut remplir différents rôles ou fonctions
selon les besoins,
l'attitude des autres musiciens. La basse n'est donc pas un instrument
solo,
elle soutient les autres musiciens. Quand le batteur joue, le bassiste
n'est
en général pas loin, ils forment à eux 2 la
"section rythmique" ou "bass-batt", élément essentiel de
tout groupe.
Dans le progressif, avec les changements de tempo et de signature, ils
ont de quoi bien s'amuser. Là où le batteur est purement
rythmique, le bassiste
déborde vers les autres membres du groupe : la basse apporte, en
général,
une base rythmo-mélodique qui lie la batterie au reste (guitare,
chant et
clavier). Cette base se veut claire, "simple" et efficace (dans
l'idéal)
sans pour autant être dénuée d'intérêt
(c'est du prog' ;-]).
Il n'est pas rare de n'entendre que cette base (basse + batterie), puis
de voir s'y greffer les autres instruments.
Voilà de suite des exemples (Note : nous avons
procédé à l'égalisation
de ces morceaux afin de faire ressortir la basse au mieux. Toutefois,
il
faut parfois tendre l'oreille pour la percevoir, notamment sur des
haut-parleurs
d'ordinateur) :
- oh darlin'
du groupe Transatlantic
- Section rythmique en action : Cygnus X1 de Rush
- Lors d'une envolée guitaristique, la basse donne un
repère pour ne
pas se perdre dans le flux continu de notes et les rythmes tortueux du
batteur
: In the
name of
god de Dream Theater
- Let's groove : The messenger du groupe Yes
Mais le bassiste ne se limite pas à ce rôle ! Ho que non !
Le bassiste
peut s'évader du côté de l'ambiance, laisser le
batteur seul dans la section
rythmique et devenir ainsi plus mélodique, mettre de la nuance,
de la sensibilité
dans son jeu... Laisser durer les notes, introduire quelques douces
phrases,
des slides qui font vibrer (le sol, la batterie et les gens), du
silence.
Cela demande beaucoup de précision et de concentration, une note
placée
au bon moment peut apporter bien plus qu'une phrase complexe ! Un
répit,
une pause est ainsi apporté dans le morceau, permettant aux
musiciens et
auditeurs de se reposer, de faire une coupure, un contraste, de casser
la
continuité.
Pour illustrer ces propos :
Pour finir, le bassiste peut aussi "duoter" avec les claviers ou
guitares pour apporter plus de puissance, d'intensité au riff
(tout les groupes n'ont
pas plusieurs guitaristes). Quand tous les instruments jouent la
"même" chose
(souvent qqch de rapide, technique et mélodique), l'auditeur est
submergé
et impressionné ! Chacun peut faire "ce qu'il veut", le public
est perdu
! Il arrive aussi que le bassiste joue un mini solo qui a pour
rôle de faire
un break, annoncer un changement, début de thème (repris
par le groupe entier
ensuite). Dans ces moment le bassiste doit faire preuve de
dexterité et d'endurance.
Ecoutez plutôt :
Bien sur tout cela n'est qu'un aperçu, un résumé
du rôle du bassiste dans
le rock progressif, les possibilités sont énormes, et les
musiciens n'ont
pas fini d'innover et de nous surprendre !
J'espère que ces brefs exemples et explications vous ont plu et
vous permettront
de vous repérer dans l'univers du rock progressif.
?
Bonjour à tous !
Je vous invite durant ces quelques lignes à découvrir le
rôle de la batterie
dans notre style de musique. Je vais vous parler de certaines
techniques
ainsi que de certains batteurs qui par leur talent m’aideront toujours
à progresser. Comme on dit, c’est en regardant que l’on apprend.
Commencez par prendre une bière, un gros morceau de «
forêt noire » ainsi
qu’une bonne chaise de bureau et...bonne lecture !
Interprétation et techniques
Lorsque l’on pense « métal » ou « rock
», question batterie on imagine
immédiatement « double pédales ». Pourtant
dans le prog il n’est pas nécessaire
d’avoir une magnifique technique. Donc pas besoin d’avoir les mollets
de
Dave Lombardo (Slayer) pour pouvoir plus ou moins assurer. Une bonne
dose
de travail et d’imagination et voilà un rythme typiquement prog.
La « double » est très souvent utilisée lors
des « breaks » (variantes
durant le rythme de base). Par exemple 6 coups de caisse claire, 2
coups
de « double », 2 caisse claire, 2 « double », 6
caisse claire et ça donne
un truc comme ça.
Au niveau rythmique, le « prog » ressemble au métal
normal à quelques exceptions
près : Prenez un morceau de pur métal, vous trouverez
uniquement une métrique
régulière que l’on appelle 4/4. Métrique
régulière mmm...? lors d’un concert
prenez une table, montez à 12 potes dessus et sautez en rythme
en même temps
que la musique...
allez
hop.
Si nécessaire, changez de table et on
recommence l’exercice.
Si vous vous êtes assis, c’est normal. Ce passage comportait
uniquement des métriques dites «
irrégulières ». Le grand job du batteur et de se
rappeler
où elles sont et leur durée. Parfois, il faut compter
jusqu’à 4 (4/4), parfois jusqu’ à 7 (7/4) ou même 2
fois plus vite jusqu’à 7 (7/8), par exemple. Si
tu comptes jusqu’à 7 au lieu de 4, ben t’es « à
l’ouest ».
Souvent les rythmiques sont saccadées, avec de forts accents
pour savoir
où l’on nage, comme sur
cet
extrait. Tantôt il faut jouer super fin, doucement...pour
faire sonner la batterie
différemment, ce qui
méga-super-énormément difficile.
Maintenant une petite technique que je trouve amusante, et que
j’utilise assez souvent (ce qui ne réjouit en
général pas trop Ben...hi !). ça consiste
à se mettre
"à
l’envers"
par rapport au rythme normal. La différence est flagrante,
même pour quelqu’un
qui ne pratique aucun instrument.
Je trouve ça super cool, mais il faut savoir se remettre dans le
« droit
chemin » au bout d’un moment, car ça ne doit être
qu’un bref effet. Ce petit
truc fun est souvent utilisé dans le metal-prog.
Les batteurs progressifs
Mike Portnoy (DT, Transatlantic, LTE)
Il commença la batterie plutôt jeune. Adolescent, il
s’inscrit à Berklee
(immense école de Boston, très réputée), et
suivit la formation jusqu’au
bout. Il est encore aujourd’hui admiré pour avoir fait avancer
la batterie
dans ce style grâce à une merveilleuse imagination, tant
au niveau technique
que musical. C’est un fan d’albums « concepts ».
Virgil Donati
Il débuta le tambour à l’âge de 6 ans. Encore un
des rares batteurs à tenir
ses baguettes comme on le fait au tambour. Il suivra une formation
classique
et jazz très poussée Il possède aussi une
coordination hors pair. Rien ne
va en même temps (pieds – mains – gauche –droite) mais tout
coïncide. Un
régal. Il évolue actuellement avec Steve Vai, mais il
participa également au projet Planet X. Il reste avant tout un
batteur de « session » studio.
Thomas Lang
Enfin un européen. Oui oui, le petit Thomas vit le jour en
Autriche. Ce
gars est un virtuose. Il possède une finesse et un doigté
hallucinant. C’est
un gars que j’admire car il a su rester simple et faire avancer le
milieu
grâce à des concepts innovants. Un seul conseil pour les
batteurs : commandez
son DVD
www.hudsonmusic.com . C’est plus qu’un
DVD, c’est
un outil de travail.
Bien sûr il y’a encore d’autres batteurs, mais si je devais
parler de
tous ceux que j’admire et non seulement dans notre style de musique, ce
serait trop long.
Voilà, après vous avoir expliqué le jeu de la
« double pédale », présenté
certaines techniques ainsi que trois batteurs de génie...je
m’accorde le
droit de faire la bise aux filles et de serrer la main aux
garçons.
Amenez la bouteille au "verres vides", nettoyez les miettes et remettez
la chaise en place.
Amicalement,
Pierric
?
...et oui ! Car c'est bien beau
d'avoir 4 ou 5 gaillards à disposition, leur instrument bien en
main, des morceaux
magnifiquement ficelés et l'envie irrésistible
d'écouter tout ça nous jouer
du rock progressif...mais encore faut-il que ça sonne !
Heureusement, que ce soit sur scène ou en studio, il y a une
pièce importante
qui suit le groupe à la trace dans toutes les occasions, un ange
protecteur
indispensable : l'ingénieur du son !
Quand le groupe est sur scène, l'ingé-son c'est le gars
qui se trouve
"à la table" pendant le concert. N'allez pas comprendre par
là qu'il mange
pendant que ses potes travaillent, car c'est bien d'une table de mixage
qu'il
s'agit. Sur cette table, que l'on appelle aussi console, arrivent
toutes
les sources sonores qui émanent du groupe : une dizaine de
micros placés
sur la batterie, les micros de chant, les micros placés devant
les
amplis guitare
et basse, parfois un
sampler ou plus simplement un lecteur de CD
comprenant
l'intro pré-enregistrée du concert et enfin les
câbles qui sortent directement
des synthés ! Ces sources vont être attribuées
chacune à une piste de la
console (p.ex. grosse caisse sur la piste 1, caisse claire sur la
2...synthés
sur la 29 et 30 !)
Le job du gars va être, grâce à un sang-froid
extraordinaire et une patience
à toute épreuve, de gérer simultanément et
harmonieusement ces pistes (qui
peuvent être au nombre de 96 et plus dans les cas extrêmes)
afin d'obtenir
un son qui soit très beau pour les spectateurs venus assister au
show. Pour
ce faire, il peut influer sur
la dynamique,
l'égalisation,
les effets,
la
panoramique
et
le volume,
de chaque piste. Cette restitution pour le public est appelée le
son "de
façade".
Mais ce n'est pas tout ! Car outre le public, les musiciens
eux-mêmes ont
besoin de son sur scène, pour qu'ils puissent entendre
précisément ce que
eux-mêmes et leurs camarades sont en train de jouer. C'est ce que
l'on appelle
le son "de retour". Ainsi, et selon la taille du lieu et la charge de
travail,
on trouve sur scène une autre console qui ne s’occupe que du son
retour.
Chaque musicien a son propre mix de retours. Sinon c'est depuis la
console
de façade que l'ingénieur du son va gérer en plus
le son des retours qui
est renvoyé sur scène, soit dans des haut-parleurs
(moniteurs) placés au
pied des musiciens soit quelque fois dans des oreillettes
placées...dans
leurs oreilles !
Dans tous les cas l'exercice s'avère périlleux car chaque
musicien a des
besoins très précis en terme d'audition sur scène.
Par exemple, le batteur
et le bassiste devront bien s'entendre, pour que la section rythmique
puisse
jouer parfaitement ensemble. De même le chanteur et les musiciens
exécutant
des choeurs devront particulièrement bien s'entendre afin que
leurs harmonies vocales ressemblent à quelque chose. Le mixage
des retours est pour beaucoup
une affaire de feeling, quand un musicien regarde son retour ou son
ampli
par exemple, il faut en général y jeter une «
oreille », ou lorsqu’un chanteur chante excessivement faux ou
force et qu’il n’en a pas l’habitude, il ne
s’entend probablement pas très bien.
En studio, l'ingénieur est toujours derrière sa table,
mais le stress
est différent. En effet, si la notion d'urgence liée au
direct est inexistante,
la prise de son, quant à elle, ne tolère pas la moindre
imprécision car au
final il y a un disque qui se doit d'être techniquement parfait.
La grande différence en studio est que l'enregistrement se fait
en plusieurs
étapes et les instruments les uns après les autres. On
commence généralement
par la batterie, puis la basse, guitare, synthés, voix et
choeurs. La gestion
de chaque piste est effectuée minutieusement et le mixage des
pistes entre
elles peut prendre des semaines.
Evolution à travers les âges
Nous allons, dans cette rubrique parler un peu du son "studio" et de
son évolution dans le temps, en prenant l'époque de
référence du prog, soit
des années 70 à nos jours.
Il y a 30 ans de cela, il est évident que les techniques
étaient bien moins
avancés qu'aujourd'hui. Rien qu'en terme de support
d'enregistrement on
est passé des grosses bandes analogiques au disque dur purement
digital en
l'espace d'une seule décennie (1980 - 1990). Il est donc
évident que la
technologie numérique a beaucoup apporté de
facilités à l'ingénieur du son. Les supports
finals ont eux aussi évolué du disque en vinyle au
fichier
mp3 en passant par le compact-disc.
Je vous propose, afin de décrire plus concrètement cette
évolution, de
comparer les 3 extraits suivants, issus chacun de trois époques
bien distinctes.
Veuillez noter que je n'ai retouché ni le volume ni
l'égalisation des extraits
suivants :
- Artiste : King Crimson
Année de production : 1978
extrait : 20th
century schizoid man
Notez tout d'abord le volume relativement bas de cette production. Le mastering
de l'époque et le fait que l'on travaille sur des supports
analogiques ne
permet qu'une restitution faible en terme de qualité et de
volume. De plus,
l'idéologie de l'époque favorise l'aspect brouillon du
morceau. En effet,
on recherche plus une "couleur" musicale qu'une restitution
précise de chaque
instrument. Enfin, l'enregistrement se faisait plus facilement avec
plusieurs
instruments simultanément, ce qui confère un aspect
très vivant au morceau.
- Artiste : IQ
Année de production : 1986
extrait : Human
Nature
Nous n'en sommes point encore à l'ère du numérique
mais la technologie
a beaucoup évolué, notamment avec l'avènement des
synthés. On peut constater
la place qu'ils prennent dans le mix final et l'emprise sur les autres instruments
qui sont franchement "bien derrière". La section rythmique est
quasi inexistante
et tout l'accent est porté sur les couches superposées de
mélodies. La voix
est typique de cette décennie, relativement compressée et
agrémentée d'un
effet "sirupeux" dû à une réverbération
très courte et un léger chorus.
- Artiste : Dream Theater
Année de production : 1998
extrait : Voices
Voilà enfin le numérique, son volume et son
cortège de "surproduction".
Le nombre de pistes d'enregistrement étant quasi
illimité, on en profite
pour overduber
les guitares, ajouter un maximum de fioritures et sculpter le son
à l'extrême afin de créer un effet d'immersion
totale de la part de l'auditeur. Le mix
final est perclus de fréquences basses afin de faire vibrer
l'auditeur. La voix, est aussi très travaillée à
l'aide de préamplis
à tubes qui
permettent d'enrichir son spectre par la mise en valeur des harmoniques
naturelles
qu'elle contient. Vous avouerez que "ça le fait...grave !".
Particularité du son prog
Jusque-là cet exposé sur le son est resté
général et applicable, somme
toute, à toute tendance musicale qui aurait traversé
cette même époque de
référence...Alors qu'est-ce qui distingue le prog d'un
autre style musical
en terme de son ? Presque rien finalement ! Le mixage est une part de
l’art
produit sur scène.
Le travail est tout simplement plus ardu pour l'ingénieur en
raison de
la diversité des sons utilisés. La guitare et le
synthé peuvent être amenés
a effectuer plus de 20 changements de sons dans un même morceau.
Que ce soit
en live ou en studio, la difficulté spécifique à
ce style réside donc dans
la gestion de ces changements. Dans l'exemple que je viens de citer
l'ingé
devra potentiellement modifier 20 fois les paramètres d'une
seule piste afin
de restituer toutes les finesses d'une seule chanson !
Voilà pour ces quelques éclaircissements qui vous auront,
je le souhaite,
permis d'en apprendre un peu plus sur le sujet.
?
L’avantage du genre est de présenter une musique
riche et
imagée, qui a elle seule raconte déjà une
histoire. La succession des différentes
parties distinctes prête donc à la prolixité des
textes et aux rebondissements
les plus intenses.
Par exemple, dans son titre "Once around the world" le groupe It Bites,
nous raconte, en 17 minutes, la journée d’un homme qui se
réveille, lit
son journal, déjeune, va promener son chien, monte dans sa
voiture et prend
la route en décrivant ce qu’il voit sur son passage, de l’homme
dans sa
chaise à bascule à la garden-party de voisins un peu
coincés. La musique
illustre ce récit à merveille, comme vous pourrez le
constater en écoutant
ce morceau :
Once around the world
Il est pourtant aujourd’hui difficile de cataloguer fermement les
thèmes abordés par les auteurs de ces morceaux. Mais si
l’on y regarde de plus
près, on peut noter des similitudes entre les 4 grands
thèmes de l’écriture
romantique (amour/mort/nature/fuite du temps) et les textes des
morceaux
du rock progressif.
Ainsi, dans les œuvres majeures du style on trouvera des
albums concept
qui explorent ces idées dans le détail.
On nommera notamment "Misplaced Childhood" de Marillion qui
décrit les
états d’âme d’un homme nostalgique de sa jeunesse et de
ses amours perdues,
"Remedy Lane" de Pain of Salvation qui se veut un véritable
"traitement"
face à une rupture amoureuse du chanteur Daniel Gildenlow ou
"Scenes from
a memory" de Dream Theater qui retrace le drame d’un crime passionnel
et
fratricide.
Un autre aspect du prog est son affinité avec l'univers de
l'heroic fantasy
dont Tolkien fut le grand maître. Pour preuve le nombre de
groupes qui portent
un nom inspiré directement de ses romans : Galadriel, Aragorn,
(Sil)Marillion,
etc.
?
Beaucoup de choses ont déjà
été écrites dans cette étude
dédiée au rock progressif. Toutefois nous avons eu envie,
dans cette rubrique
de répertorier les groupes principaux de ce style. Vous
trouverez donc, ci-dessous,
par ordre alphabétique, une liste de groupes qui
méritent, selon nous, une
attention particulière, avec quelques infos et des liens vers
les sites
officiels, s'ils existent.
Angra
Excellent groupe provenant du Brésil et ayant acquis une
renommée internationale
au cours des 5 dernières années...
Dream Theater
L'histoire de ce groupe culte débute sur les bancs de la fameuse
"Berkeley
Music School" à Boston. Cette institution, qui peut se targuer
d'avoir donné
naissance à de nombreuses stars de la musique, peut être
fière d'avoir été
à la base de la rencontre de 4 musiciens exceptionnels : John
Petrucci à la guitare, John Myung à la basse, Mike
Portnoy à la batterie et Kevin Moore
aux claviers. Le premier chanteur du groupe, Charlie Dominici, n'aura
duré
que l'espace du premier album "When dream and day unite" sorti en 1989.
James Labrie le remplacera en 1992 pour l'excellent album "Images &
Word". Cet opus est une véritable révolution dans le
milieu musical. L'excellence
des 5 musiciens, démontrée au détour de chaque
titre fait l'effet d'une
bombe. Les grandes marques d'instruments de musique ne s'y trompent pas
:
Ibanez collabore avec Petrucci pour la création de son
modèle signature,
Yamaha fait de même pour Myung et sa basse alors que Mike Portnoy
largement sponsorisé par les batteries Tama exécute de
nombreux workshops pour cette
marque renommée.
L'album "Awake" suivra en 1994 et marquera le départ du
claviériste Kevin
Moore. Un certain Derek Sherinian le remplacera dès l'album
suivant : "Falling
into infinity" en 1997. Mais Jordan Rudess, claviériste prodige
le remplacera
à son tour en 1999 pour l'album concept "Scenes from a memory".
Depuis, le line-out est inchangé et le groupe surfe sur la vague
du succès,
avec 3 albums supplémentaires "Train of thoughts", "6 degrees of
inner turbulence"
et "Octavarium" le petit dernier, sorti en 2005.
Marillion
En 1982, ce groupe anglais commence à tourner sous le nom de
Marillion (à
la base le nom était Silmarillion, qui est une créature
de l'oeuvre de Tolkien).
Le public découvre alors la voix et le charisme de Fish, le
chanteur écossais
du groupe. 4 albums superbes seront écrit durant cette
ère : "Script for
a jester's tear" en 1983, "Fugazi" en 1984, "Misplaced Childhood" en
1985
et "Clutching at straws" en 1987.
Ensuite, c'est le clash : après de longues années de
tournée, les tensions
s'accumulent et les divergences musicales deviennent insurmontables
entre
Fish et les autres musiciens du groupe. La séparation est
décidée. Fish
commencera une carrière solo et ses anciens compères
(Steve Rothery à la
guitare, Mark Kelly aux claviers, Pete Trevawas à la basse et
Ian Mosley
à la batterie) gardent le nom du groupe.
Une audition est lancée pour trouver un nouveau chanteur et le
choix se
portera sur un certain Steve Hogarth, compositeur, claviériste
et chanteur
du groupe "Europeans".
Commence alors une véritable révolution : Les fans de la
première heure
s'éclipsent, déçus du départ de Fish et
Hogarth doit faire sa place aux
yeux du public, ce qu'il réussira rapidement grâce
à une grande humilité
et une voix exceptionnelle.
Ensuite, son l'impulsion de cet artiste original, le groupe va peu
à peu
évoluer musicalement et s'éloigner de son style de
prédilection.
Aujourd'hui les musiques du groupe ont perdu leur caractère
progressif au profit d'une tendance plus pop.
Autre particularité de ce groupe, Marillion a su créer un
réseau de fans
incroyable à l'aide de son site internet. Ainsi, l'album
"Anoraknophobia"
sorti en 2001 a été produit intégralement par...le
public du groupe. En effet,
par le biais du site, Steve Hogarth et ses compères ont
réussi l'inimaginable
: prévendre une grosse quantité d'albums avant même
de l'avoir enregistré. Grâce aux rentrées d'argent
obtenues, ils ont pu financer le studio et éviter
les problématiques liées à un contrat avec une
maison de disques !
?
Enfin, cette étude ne serait pas
complète si elle omettait
un aspect important du rock progressif : l'art pictural !
En effet, il semble que, dès les premières heures du
prog, sa musique très
imagée ait trouvé un pendant naturel et indissociable
dans l'artwork qui
compose ses pochettes. En la matière, on note aussi une
évolution typique entre les 3 grandes époques du style.
Les premières fresques des groupes classiques des 70's
consistaient bien
souvent en une surenchère de dessins très colorés.
On notera le penchant
de Yes pour les paysages
lunaires surréalistes, la touche
psychédélique
de King Crimson et le côté
pastel naïf de Genesis.
Il semble, pour ces précurseurs que l'ambiance du dessin soit
plus importante que sa signification réelle, ce qui explique
aussi la perplexité du grand
public qui peut difficilement s'appuyer sur l'aspect graphique de la
pochette
pour tenter de comprendre le sens de la musique.
Cette suprématie du dessin sur la photo va se poursuivre avec
les groupes
néo-prog de la deuxième vague. Toutefois, cette
génération va donner plus
d'importance de la représentation des pochettes sur la
compréhension du public.
L'exemple le plus mythique de cette époque est sans aucun doute
la trilogie
des premiers albums de Marillion sous l'empire de leur premier leader
Fish
: entre
Script for
a
jester's tear ,
Fugazi
et
Misplaced
Childhood
l'on retrouve sur les pochettes l'expression imagée des
histoires racontées
dans les morceaux. De plus, les mêmes symboles apparaissent au
fil des opus,
mais dans des situations bien différentes de l'un à
l'autre : la pie voleuse,
le bouffon, le caméléon, le tableau...
C'est donc un véritable concept pictural qui donne à la
musique une deuxième
dimension et contribue à son attrait sur le public. Le dernier
album de
la période Fish
Clutching
at straws , marquant la séparation du groupe, ne
dévoilera plus qu'une
petite partie de l'un de ces symboles (le chapeau du bouffon dans la
poche
du personnage à droite), indiquant de manière quasi
subliminale la fin d'une époque révolue.
Dès l'arrivée de Steve Hogarth on fait le ménage :
sur la pochette de
Season's end les
symboles font leur apparition une dernière fois, dans un
contexte lourd
de signification : le caméléon est au milieu des flammes,
il ne reste de
la pie qu'une plume dans le désert, l'oeuvre du bouffon se noie
et son chapeau
à grelots s'envole. Ce sera aussi la dernière apparition
du logo qui représenta
le groupe pendant toutes ces années.
Dans les cas d'école de cette deuxième
génération, on mentionnera celui
du groupe Asia, qui semble apprécier particulièrement les
animaux
mythico-fantastiques.
Avec la troisième génération de groupes (et ceux
qui ont survécu des deux
premières) on constate l'apparition de la photo, qu'elle soit
pure ou intégrée
dans des dessins. Pourtant c'est le seul élément
véritablement concret que
l'on observe. Il semble qu'il n'y ait plus de tendance établie
et que les
groupes cherchent plutôt à sortir du lot en trouvant leur
propre design
qu'à être assimilé, par leurs pochettes, à
un style prédéfini.
Cet aspect se traduit très bien en observant les logos des
groupes ayant
justement traversé les 3 décénies du prog : bien
souvent, après s'être "accrochés"
au même logo pendant 20 ans ils décident soudain de
l'abandonner et de recréer un nouveau design à chaque
album...
?
Au préalable, nous tenons à ce que vous
sachiez que nous
sommes volontiers à l'écoute des difficultés
techniques que vous pourriez
rencontrer. A cet effet, si les explications ci-dessous
s'avéraient insuffisante
pour vous aider correctement, nous vous demandons de bien vouloir nous
signaler
le problème rencontré par ce message
e-mail.
Veuillez nous expliquer le plus clairement possible votre
problème afin que
nous puissions tenter d'y répondre. Mentionnez-y notamment un
maximum de
renseignements sur votre système d'exploitation, votre
navigateur et les
plug'ins qu'il utilise.
Les problèmes d'affichage
En principe vous ne devriez pas rencontrer de bug au niveau de
l'affichage des images dans la fenêtre en bas à gauche de
l'écran, ni dans celui du
texte dans les autres fenêtres. Une technologie des plus simples
a été utilisée
pour concevoir cette page, de sorte à ce qu'elle soit
affichée sans problème
sur la plupart des navigateurs.
Toutefois, nous l'avons évoqué plus haut, la
résolution optimale est de
1024 x 768 pixels, ce qui constitue un standard pour les écrans
plats. Si
vous ne connaissez pas votre résolution écran, vous
pouvez cliquer
ici pour
l'obtenir. Afin de modifier votre
résolution d'écran, veuillez vous référer
aux préférences d'affichage de
votre système.
Les problèmes audio
Selon toute vraisemblance, le seul réel problème
potentiel peut résider
dans l'écoute des morceaux, et la fenêtre "sons"
prévue à cet effet.
Dans certains sites, vous avez peut-être l'habitude, lorsque vous
cliquez
sur lien audio, de voir votre lecteur multimédia (Window Media
Player, Music
Match, Quick Time, Nero, Winamp, etc.) s'ouvrir spontanément par
dessus la
page en cours et lire le fichier audio y relatif.
Dans cette encyclopédie, le lecteur est intégré
dans la page. C'est donc
votre navigateur (Internet Explorer, Netscape, Firefox, Opera, etc.)
qui
va se charger de le lire. Votre fenêtre "sons" devra alors
ressembler à ça
:
Pour cela, votre navigateur aura simplement besoin d'être
configuré de sorte
qu'un lecteur lui soit associé, sous forme de plug'in. A notre
connaissance,
2 lecteurs sont utilisables en ce sens : Window Media Player (WMP) et
Quick Time (QT).
C'est à ce niveau que les choses se compliquent, comme
d'habitude, en raison
de la "bataille de préau" que se livrent les grands
constructeurs informatiques
(Mac contre PC).
On constate, en effet des différences typiques entre les
principaux navigateurs
:
- Internet Explorer, le gentil, l'ami des webmasters, est
tout à fait ouvert d'esprit et tolère
indifféremment les plug'in WMP et QT.
Ci-dessous, les screen-shots de votre fenêtre "sons" sous
Internet Explorer
:
sans plug'in - avec QT installé - avec WMP installé :
- Nestscape Navigator, Firefox et Opera, les rebelles
frustrés de la suprématie de Microsoft, n'ouvrent leurs
fenêtres qu'au plug'in QT.
Ci-dessous, les screen-shots de votre fenêtre "sons" sous
Netscape Navigator
et Firefox :
sans plug'in - avec QT installé :
Ainsi que pour Opera :
sans plug'in - avec QT installé :
Il s'agit donc, pour un bon affichage, de configurer ces 2 lecteurs
correctement. Voici donc la marche à suivre pour chacun d'entre
eux :
Window Media Player
Ouvrir le logiciel
Dans le menu "outils", choisir "options..."
Dans l'onglet "Types de fichiers" , cocher la case "son au format
mp3".
Cliquez sur "appliquer"
cliquez sur "ok"
Fermer le logiciel
Voilà, c'est fait, il ne vous reste plus qu'à rouvrir ou
"actualiser"
la page de l'encyclopédie et le tour est joué !
Quick Time
Ouvrir le logiciel
Dans le menu "edit", pointer "preferences" et choisir "Quick Time
Preferences"
Cliquez sur "MIME Settings"
Cocher la case "mp3 - MPEG layer III movies and streams".
cliquez sur "ok"
Fermer le logiciel
...et la messe est dite ! Il ne vous reste qu'à
réactualiser la page de
l'encyclopédie.
?